Xavier Giannoli adapte LE monument d'Honoré de Balzac en échappant à chaque instant à l'académisme ronronnant. Zoom sur un grand film français, fresque historique ambitieuse, mais également geste cinématographique truffée de références à notre drôle d'époque (pas si drôle).
"Illusions perdues", Balzac et Giannoli main dans la main

Oubliez les reconstitutions besogneuses qui sclérosent tant d’adaptations littéraires. Oubliez les tentatives pseudo « modernistes » qui s’abîment si souvent dans l’artifice et la pose. Dans Illusions perdues, le talentueux Xavier Gianolli s’attaque au monument d’Honoré de Balzac – romancier poids lourd qui, pour le meilleur et pour le pire, a souvent attiré les cinéastes français (lire ci-contre). Excellente nouvelle : le metteur en scène de 49 ans échappe à tous les pièges. Dans ce film sidérant d’invention et de virtuosité, Giannoli, auteur par le passé (entre autres) de À l’origine, sur un escroc dépassé par ses mensonges, et de Marguerite, sur une fanatique d’opéra des années 1920 dont on applaudit des prestations musicales pourtant catastrophiques, retrace les aventures tout à la fois excitantes et douloureuses du terriblement balzacien Lucien Chardon. En ce début de XIXe siècle où personne ne sait de quel côté va vraiment basculer l’histoire (la République ou les rois ?), Lucien est ce jeune poète idéaliste natif d’Angoulême, amoureux d’une notable locale, puis objet d’un scandale dans sa province engoncée dans ses traditions, qui décide de « monter à Paris », nourrissant...

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