Dans un entretien accordé au "Journal du Dimanche" ce 2 mai, le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, annonce son intention d'interdire l'usage de l'écriture inclusive à l'école. Une mesure salutaire ou contraire à la liberté pédagogique des enseignants ?
Est-il vraiment possible d'interdire l'écriture inclusive à l'école ?

Nous sommes en guerre. Contre le Covid-19, pour ce qui est du président de la République, et contre l'écriture inclusive, pour le ministre de l'Education nationale. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche ce 2 mai, Jean-Michel Blanquer s'est attaqué frontalement à l'écriture dite "épicène". "Mettre des points au milieu des mots est un barrage à la transmission de notre langue pour tous", a-t-il déclaré, prenant notamment l'exemple des élèves dyslexiques. "Notre langue est le premier trésor français, celui qui nous relie tous et fait notre puissance mondiale. Elle ne doit donc pas être triturée ou abîmée". Alors que faire ? L'interdire ? "Nous avons déjà une circulaire d’Edouard Philippe interdisant l’écriture inclusive dans les usages administratifs, nous allons clarifier le fait que c’est vrai aussi dans nos usages pédagogiques", a-t-il menacé. Est-ce seulement possible ?Jean-Michel Blanquer n'en est pas à son premier mot contre l'écriture inclusive. En mai 2017, déjà ministre, il expliquait vouloir "revenir aux fondamentaux sur le vocabulaire et la grammaire", estimant que l'apparition de l'écriture inclusive dans les manuels, comme observée à l'époque dans une...