Ce 14 janvier, onzième anniversaire de la chute de la dictature de Ben Ali, la police a chargé les manifestants qui tentaient de commémorer la révolution en bravant l'interdiction décrétée au nom des mesures anti-Covid. Un symbole accablant pour le président Kaïs Saïed.
En Tunisie, Kaïs Saïed charge les manifestants pour l'anniversaire de la "révolution du jasmin"

Quel conseiller mal inspiré a suggéré au président tunisien de biffer d’un trait de plume la date du 14 janvier, anniversaire de la révolution qui a inauguré en 2011 la vague des printemps arabes ? Le jour de la commémoration, Kaïs Saïed, avec l’alibi des mesures anti-Covid, a décrété l’interdiction de tout rassemblement à Tunis, petite capitale naguère cœur du monde arabe insurgé. Pis, le chef de l'Était tunisien a donné l’ordre à la police de charger les manifestants, sans s’inquiéter du symbole.Après avoir balayé les espoirs nés de son coup de force du 25 juillet, Kaïs Saïed s’est arrogé tous les pouvoirs depuis le mois de septembre. L'été dernier, la majorité de la population soutenait le gel provisoire du Parlement et l’éviction des islamistes d’Ennahdha, considérés comme responsables de la catastrophe sanitaire et du chaos économique. Mais l’opinion a déchanté à l’automne. Il n’est désormais plus question d’opposition, ni de Parlement, ni de dialogue avec les interlocuteurs traditionnels que sont les syndicats, le patronat et les organisations de défense des droits de l’homme.« Le peuple veut la chute du coup d’État ! »Retranché dans son palais de Carthage, le raïs, en ce...