Dans les cadres de pensée hérités de l'Occident chrétien, le repentir et la réconciliation sont, en vérité, deux moments d'une même démarche, celle qui permet à l'humanité de surmonter ses crimes et de faire du repentir une catégorie de la conscience politique.
"En Occident, mais pas ailleurs, se repentir est la chose la mieux partagée"

À qui le tour ? Aujourd’hui, en Occident, mais pas ailleurs… se repentir de ce que l’on a fait – ou même de ce que l’on est – est la chose la mieux partagée. La France se repent de la guerre d’Algérie, l’Église de la pédophilie, et l’Amérique blanche d’être blanche*. Il y a même dans l’air du temps un courant de plus en plus fort pour persuader les hommes de se repentir de ne pas être des femmes comme tout le monde.En vérité, il n’y a là rien de nouveau. Au Moyen Âge, les pénitents blancs défilaient dans les rues en se flagellant avec des chaînes. Pascal Bruckner a publié sur ce néo-pénitentialisme deux livres magistraux, l’un en 1983, joliment intitulé le Sanglot de l’homme blanc (Seuil), le second en 2006, la Tyrannie de la pénitence (Grasset), finement sous-titré : « Essai sur le masochisme occidental ».Non que le colonialisme, la pédophilie, l’esclavagisme, le machisme ne soient pas des choses éminemment condamnables. Tout est dans le temps et dans la manière. Le régime stalinien a des dizaines de millions de morts sur la conscience, qui n’ont donné lieu à aucun procès de Nuremberg, et Nikita Khrouchtchev, le premier à avoir entrouvert la bouche, n’a jamais songé à...

Retrouvez vos produits et commandez en ligne ! High-Tech, Cuisine & Maison et Bien-être, retrouvez nos offres !