Michel Desmurget est docteur en neurosciences cognitives et directeur de recherche au CNRS. Selon lui, l'exposition des plus jeunes à des images violentes perturbe profondément leur développement. Et les parents n'en ont pas tous conscience.
Écrans : "On retrouve des lésions en avant du cerveau des enfants"

Marianne : Les dernières données scientifiques sur l’exposition aux images violentes chez l’enfant démontrent-elles des effets négatifs ?Michel Desmurget : C’est comme si vous me demandiez si la consommation de tabac donne des cancers du poumon. Des centaines d’études bien documentées convergent toutes dans la même direction depuis trente ans. On sait que la violence omniprésente dans des jeux vidéo, séries, films, a des effets sur le développement cognitif de nos enfants. Ils sont multiples. On remarque d’abord une augmentation du niveau d’agressivité physique et verbale, mais aussi une baisse des résultats scolaires et des troubles de l’attention accrus. La désensibilisation à la violence est aussi une conséquence importante de l’exposition à ce même type d’images. Des services de psychiatrie ont fait face à un afflux massif d’enfants exposés aux images de l’attentat du 11 septembre 2001. Tous souffraient de graves troubles d’anxiété. Mais les effets les plus importants et durables sur la croissance de l’enfant et sa santé cognitive sont ceux qui concernent la qualité dégradée du sommeil. Ce moment de repos représente la colonne vertébrale du développement humain. Durant la...

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