Dans « Madres Paralelas », en salles le 1er décembre, le cinéaste dresse le portrait de deux héroïnes (au bord de la crise de nerfs…), et, en parallèle, évoque le passé douloureux de l'Espagne. Plongée dans les obsessions intimes et politiques d'un auteur majeur.
Du kitsch au politique : Pedro Almodovar, les quatre vies d'un maître espagnol

De nouvelles femmes au bord de la crise de nerfs. Et un passé, celui de l’Espagne, qui ne passe vraiment pas. Dans Madres Paralelas, son nouveau film, aussi insolent que profond, Pedro Almodóvar croise les destins chahutés de deux femmes qui se rencontrent à la maternité alors qu’elles ont toutes les deux eu à subir une grossesse non désirée. D’un côté : Janis, la quarantaine, photographe de profession. De l’autre : Ana, une jeune femme à peine sortie de l’adolescence et effrayée à la perspective de devenir mère, elle qui souffre tant avec la sienne.Inspiré comme à ses plus belles heures, Almodóvar dresse le portrait farfelu et émouvant de ces deux Espagnoles d’aujourd’hui, et, en parallèle, revient sur l’histoire douloureuse de son pays : Janis, élevée dans son enfance par Cécilia, sa grand-mère, a promis à cette dernière de parvenir à faire ouvrir la fosse commune où le père de Cécilia a été jeté comme tant d’autres victimes du fascisme pendant la guerre civile ; elle lui a également promis de lui offrir enfin une sépulture décente. Une quête de justice qui renvoie aux années noires de l’Espagne, époque que Pedro Almodóvar, aujourd’hui âgé de 72 ans, ne cesse d’évoquer dans ses...