Dans « Le Voyant d'Étampes » (L'Observatoire), l'un des romans les plus tranchants et inspirés de la rentrée, l'écrivain radiographie les dégâts engendrés par les nouvelles formes de « politiquement correct ». Rencontre.
Dans "Le Voyant d’Étampes", l'écrivain Abel Quentin cible la "cancel culture"

Il ne manque ni de lucidité ni d’humour. Dans le Voyant d’Étampes – son second roman, après Sœurs un thriller sur la radicalisation islamiste –, le trentenaire Abel Quentin s’intéresse au cas de Jean Roscoff, un universitaire à la retraite écrivant un livre sur un poète américain des années 1960 qui, en son temps, dut subir les foudres du maccarthysme et fréquenta les existentialistes à Paris. Publié dans une petite maison d’édition, son ouvrage n’est pas destiné à faire parler de lui outre mesure, mais il déclenche des polémiques violentes (euphémisme).Explication : Roscoff a eu le « grand tort » d’évoquer un écrivain noir, signe évident d’« appropriation culturelle ». L’infortuné héros, cet homme de gauche antiraciste depuis toujours, devient la cible des militants en furie de la cancel culture, qui lui mènent une guerre féroce… Dans ce livre grinçant, Abel Quentin décrit les désillusions d’une génération et le rouleau compresseur du wokisme.Marianne : Comment est né le Voyant d’Étampes ?Abel Quentin : J’ai un intérêt de longue date pour certains sujets : l’identité, le politiquement correct, le communautarisme, la liberté du romancier… Quand j’étais jeune ­étudiant à...

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