La pandémie du coronavirus qui a déjà tué près de 25.000 personnes à travers le monde continue vendredi de dévaster l'Europe, avec l'annonce d'un nombre record de morts en 24 heures pour l'Espagne, la contamination au Royaume-Uni de Boris Johnson, et une sévère mise en garde des autorités en France.

La pandémie du coronavirus qui a déjà tué près de 25.000 personnes à travers le monde continue vendredi de dévaster l'Europe, avec l'annonce d'un nombre record de morts en 24 heures pour l'Espagne, la contamination au Royaume-Uni de Boris Johnson, et une sévère mise en garde des autorités en France.

Mais si l'épicentre de la maladie Covid-19 reste l'Europe avec près de 275.000 cas officiellement diagnostiqués, selon un comptage réalisé par l'AFP jeudi à 19H00 GMT, les Etats-Unis semblent en voie de dépasser à terme le Vieux continent.

rel="nofollow"> Avec des chiffres en progression exponentielle, ils sont devenus jeudi le premier pays affecté avec plus de 83.000 cas. C'est davantage que les 81.000 cas de la Chine, berceau de l'épidémie apparue en décembre, et que l'Italie avec ses 80.000 cas.

L'Amérique latine dépasse quant à elle les 10.000 cas déclarés, selon un comptage de l'AFP.

Concernant les décès, c'est l'Italie qui est la plus touchée (plus de 8.160 morts), devant l'Espagne (plus de 4.850 morts) et la Chine (3.292 morts). Les Etats-Unis, avec 1.201 décès jeudi soir, se trouvaient en sixième position derrière l'Iran (2.378) et la France (1.696).

Mais le nombre de morts quotidiens en Espagne est désormais supérieur à celui de l'Italie, avec 769 morts enregistrés en 24 heures, un nouveau record dans le pays, selon le dernier bilan des autorités vendredi.

- "Il va falloir tenir" -

Le Premier ministre français Edouard Philippe a mis en garde vendredi contre "la vague extrêmement élevée" de la maladie qui "déferle sur la France", prédisant que "la situation va être difficile pendant les jours qui viennent".

"Il va falloir tenir", a-t-il exhorté, alors que l'épidémie s'est aggravée en France avec 365 décès enregistrés jeudi à l'hôpital en 24 heures, dont celui d'une adolescente de 16 ans, la plus jeune victime française du coronavirus, pourtant réputé toucher principalement les personnes âgées ou vulnérables.

Nouvelle preuve que le virus se joue des barrières sociales, le Premier ministre britannique Boris Johnson et son ministre de la Santé Matt Hancock ont annoncé vendredi avoir été testés positifs au nouveau coronavirus.

Boris Johson ne présente selon ses services que de "légers symptômes" qui ne l'empêchent pas de continuer à diriger la réponse de son pays à la pandémie qui menace de submerger les hôpitaux du Royaume-Uni.

Avant le dirigeant conservateur de 55 ans, seul le prince Albert II de Monaco avait été officiellement contaminé par le Covid-19 parmi les chefs d'Etat et de gouvernement, tandis que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre canadien Justin Trudeau se sont placés en isolement après avoir été en contact avec des personnes testées positives.

L'Afrique du Sud a enregistré vendredi ses deux premiers décès, quelques heures après être entrée en confinement pour trois semaines. Le pays le plus industrialisé d'Afrique est, de loin, le plus touché sur le continent avec 927 cas recensés pour 57 millions d'habitants.

Il s'agit de "prévenir une catastrophe humaine aux proportions énormes", a expliqué le président Cyril Ramaphosa.

- Guerre à l'invisible -

"Vous êtes là pour faire la guerre à un ennemi invisible. On attend de vous (...) que vous sortiez dans les rues pour défendre notre peuple contre le virus", a lancé jeudi le chef de l'Etat, en tenue militaire, à un détachement de soldats prêts à se déployer pour faire respecter le confinement.

Pour Ditebogo Koenaite, pilote de ligne, "les classes moyennes et supérieures respecteront le confinement". "Mais je ne pense pas que les plus modestes pourront respecter la distanciation sociale. C'est plus dur dans les quartiers pauvres parce qu'ils partagent les toilettes" notamment, a-t-elle relevé.

Partout en Afrique, le virus a continué vendredi de progresser à une vitesse inquiétante avec plus de 2.700 cas et au moins 73 décès.

A Singapour, les autorités menacent désormais de six mois de prison ceux qui ne respecteront pas les distances de sécurité entre particuliers.

Pendant ce temps-là, l'Italie nourrissait avec prudence ses espoirs d'un ralentissement relatif des nouveaux cas de contamination (seulement +8%, comme les deux jours précédents).

Mais le maire de Brescia, ville du Nord durement touchée, estime que "les contaminations sont beaucoup plus nombreuses que ce que l'on dit". "Le nombre de morts aussi est plus important car il y a beaucoup de malades chez eux et on ne sait pas comment ils vont", relève Emilio Del Bono.

- Union Chine-Etats-Unis -

La crise du Covid-19 "va exploser de manière dramatique" en Campanie qui "va vivre dans les dix prochains jours un véritable enfer", prévient Vincenzo De Luca, gouverneur de cette région où se trouve Naples.

La communauté internationale s'est par ailleurs attachée à mobiliser des sommes astronomiques pour sauver l'économie mondiale.

Aux programmes de sauvetage lancés par plusieurs pays au niveau national s'ajoute depuis jeudi celui concocté par les dirigeants du G20 réunis en sommet par visioconférence sous la présidence de l'Arabie saoudite. Ils ont promis d'injecter 5.000 milliards de dollars pour soutenir l'économie mondiale foudroyée par la pandémie.

Le nouveau coronavirus a donné un coup d'arrêt à l'activité de nombreux secteurs et contraint trois milliards de Terriens à se calfeutrer chez eux.

La pandémie va entraîner une chute des visites touristiques de 20 à 30 % en 2020, prévoit aussi l'Organisation mondiale du tourisme.

Malgré leur rivalité, la Chine et les Etats-Unis "doivent s'unir contre l'épidémie" de Covid-19, a souligné le président Xi Jinping lors d'une conversation téléphonique avec le président américain Donald Trump. "La Chine est disposée à poursuivre sans réserve son partage d'informations et d'expériences avec les États-Unis", a-t-il ajouté.

Ce message d'apaisement intervient après des semaines de joutes verbales entre Pékin et Washington. Un responsable chinois avait laissé entendre que le virus avait peut-être une origine américaine, tandis que Donald Trump et ses proches se complaisaient à souligner le caractère "chinois" du virus et se plaignaient d'avoir été mal informés de la gravité de l'épidémie.

burs-thm/cr

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