Boris Johnson a été admis lundi en soins intensifs, nouveau développement dramatique d'une pandémie dont le bilan est reparti à la hausse dans certains pays européens et a franchi la barre des 10.000 morts aux Etats-Unis.

Boris Johnson a été admis lundi en soins intensifs, nouveau développement dramatique d'une pandémie dont le bilan est reparti à la hausse dans certains pays européens et a franchi la barre des 10.000 morts aux Etats-Unis.

Le Premier ministre britannique, 55 ans, est le seul chef d'Etat ou de gouvernement d'une grande puissance à avoir été contaminé par le nouveau coronavirus, qui a fait plus de 73.000 morts dans le monde.

Après avoir assuré que Boris Johnson restait "aux commandes" du gouvernement, Downing Street a été contraint de préciser que son ministre des Affaires étrangères Dominic Raab avait finalement été prié "de le remplacer là où nécessaire".

Le président américain Donald Trump a souhaité un prompt rétablissement à son "très bon ami", tout en se montrant assez sombre. "Lorsque vous êtes placé en soins intensifs, c'est très très grave avec cette maladie", a-t-il martelé.

Avec plus de 50.000 personnes testées positives au Covid-19 et 5.373 décès, le Royaume-Uni est devenu l'un des pays d'Europe les plus violemment touchés.

Le Vieux continent, le plus endeuillé de la planète, espérait une confirmation de la lueur d'espoir du week-end, lorsque le nombre de décès avait baissé dans les deux pays en première ligne, l'Italie et l'Espagne.

Mais lundi, si la tendance s'est poursuivie en Espagne, le bilan est reparti à la hausse en Italie, avec 636 décès supplémentaires en 24 heures. Et la France a aussi annoncé un nombre important de décès, 833 de plus, soit 8.911 depuis début mars.

- Déconfinement "par étapes" -

"Nous ne sommes pas au bout de l'ascension épidémique", a prévenu le ministre français de la Santé Olivier Véran.

Les Etats-Unis, qui comme depuis plusieurs jours ont encore enregistré lundi soir plus de 1.000 morts en 24H (+1.150), et qui comptent désormais plus 365.000 cas dépistés, se préparent de leur côté à "subir le pic de cette terrible pandémie", a mis en garde le président Donald Trump.

Andrew Cuomo, gouverneur de l'Etat de New York, épicentre américain de l'épidémie, a d'ailleurs prolongé jusqu'au 29 avril les mesures de confinement, jugeant que ce n'était pas encore "le moment de se relâcher".

Car le débat qui s'esquisse ici ou là sur le "déconfinement" risque de faire relâcher l'effort à près de quatre milliards de personnes, soit plus de la moitié de l'humanité, aujourd'hui contraintes ou appelées par leurs autorités à rester cher elles.

La Norvège a notamment annoncé lundi avoir désormais la pandémie "sous contrôle", tandis que l'Autriche a évoqué un assouplissement progressif de ses règles de confinement à partir du 14 avril.

"Notre but est une remise en marche par étapes", a déclaré le chancelier autrichien Sebastian Kurz, appelant la population à conserver "la plus grande discipline". La République tchèque a également annoncé un allègement des mesures pour Pâques.

Pour autant, l'Union européenne est loin d'avoir tourné la page de la "plus grande mise à l'épreuve" de son histoire, a estimé Angela Merkel, réclamant "plus d'Europe, une Europe plus forte et une Europe qui fonctionne bien".

La chancelière allemande a mis l'accent sur un nécessaire regain de "souveraineté" européenne pour la production de masques sanitaires, jugés cruciaux en vue d'un futur déconfinement.

Les masques proviennent aujourd'hui majoritairement d'Asie et font l'objet d'une guerre commerciale sans pitié, voire de trafics.

Les Etats-Unis ont rejeté lundi les accusations de Berlin selon lesquelles ils auraient détourné à leur profit quelque 200.000 masques, dénonçant "des campagnes de désinformation" pour susciter des divisions.

L'Espagne a de son côté annoncé l'arrestation d'un entrepreneur soupçonné d'avoir volé deux millions de masques et de les avoir revendus au Portugal.

- Port systématique du masque -

Un nombre croissant d'experts estiment qu'une future sortie du confinement devra s'accompagner d'un port systématique du masque pour éviter un retour de la pandémie, même si l'Organisation mondiale de la Santé a prévenu que cette protection, seule, n'était pas "la solution miracle".

Très exposée, l'Espagne envisage "très sérieusement" d'imposer le masque pour sortir de chez soi, une recommandation qui se multiplie à travers le monde.

Dans ce contexte, les initiatives de production parfois artisanales se multiplient, comme à Paris, où des migrants sans-papiers ont improvisé un atelier de confection dans leur centre d'hébergement.

"Comme je suis couturier de base, j'ai pensé que j'allais faire des masques et apporter de quoi sauver des vies", explique Jonson, un Ivoirien de 32 ans à l'origine de l'initiative.

Malgré des nouvelles en demi-teinte, l'espoir de voir l'Europe et les Etats-Unis se diriger vers un possible pic de la pandémie a redonné de l'énergie aux investisseurs. A Wall Street, l'indice Dow Jones a bondi lundi de 7,73%, tandis que Francfort, Londres et Paris ont grimpé respectivement de 5,7%, 3% et 4,6%.

- Récession record -

Le débat sur l'après-pandémie porte aussi sur la relance d'une économie dévastée, alors que les mauvaises nouvelles s'accumulent sur ce front.

La France, deuxième économie de l'UE, a ainsi prévenu qu'elle allait sans doute connaître en 2020 sa pire année de récession économique depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Face à la menace d'un recul généralisé de l'activité, les 27 semblent proches de parvenir mardi à s'entendre sur de premières mesures économiques communes, sans aller toutefois jusqu'à la création d'un "fonds de relance" vivement réclamé par Rome, Madrid et Paris.

Confinée et en crise économique, l'Argentine a elle repoussé à 2021 le paiement de 9,8 milliards de dollars de dette publique.

En Afrique, jusqu'à présent moins exposée, la République démocratique du Congo a commencé lundi l'isolement et le confinement total du centre politique, économique et diplomatique de sa capitale, Kinshasa.

"J'ai mis plus de deux heures à attendre, mais je ne me plains pas parce que cette maladie est très mortelle", a témoigné Jérôme Lumosi, 35 ans, après avoir finalement passé les check-points sécuritaires et sanitaires.

En Inde, où 1,3 milliard de personnes sont appelées à rester chez elles, le confinement menace de virer au cauchemar pour les habitants des bidonvilles surpeuplés comme celui de Dharavi, où la densité est estimée à 270.000 personnes par kilomètre carré.

"Que pouvons-nous faire? Nous nettoyons nos maisons en restant enfermés à l'intérieur", constate Abdul Kadir, qui travaille dans une épicerie, en regardant des employés municipaux désinfecter le bidonville par fumigation.

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