Dans son nouveau livre, "Les Lumières à l'âge du vivant", la philosophe revisite l'idéal d'émancipation à l'origine de notre modernité. Et le soumet à un rude examen de conscience. Entretien.
Comment allier les Lumières et la pensée écologique ? Entretien avec Corine Pelluchon

Marianne : Cherchant à nommer notre époque, vous choisissez de l’appeler : « L’âge du vivant ». Qu’entendez-vous par là ?Corine Pelluchon : L’intérêt croissant des personnes pour le sort des animaux et pour l’écologie et la prise de conscience de notre commune vulnérabilité sont les signes avant-coureurs d’un mouvement profond qui pourrait contribuer à la promotion d’un nouveau modèle de développement et qui suppose une révolution dans la manière de penser notre rapport à nous-mêmes et aux autres, humains et non-humains. D’où l’emploi de cette expression qui désigne une ère nouvelle. J’essaie de l’accompagner en lui donnant une armature conceptuelle cohérente et sans nier l’existence de forces contraires qui témoignent d’une triple domination des autres et de la nature à l’extérieur et à l’intérieur de soi, de l’obsession de la maîtrise, du rejet de l’altérité et de la toute-puissance."Ma contribution se situe sur le plan de la méthode, non des opinions"Ce livre paraît plus politique que vos précédents. Quel rôle attribuez-vous précisément au capitalisme ?  Le capitalisme est une des manifestations de ce que j’appelle le Schème de la domination, lequel transforme l’économie, les...

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