Le tribunal administratif de Paris a estimé que l'Etat avait commis une faute en maintenant la commercialisation de cet insecticide, hautement cancérigène et polluant, dans les Antilles après son interdiction dans l'Hexagone.
Chlordécone : l'Etat jugé coupable de "négligences fautives"

Une victoire en demi-teinte pour les victimes du chlordécone. Le tribunal administratif de Paris a jugé l'Etat coupable de "négligences fautives" dans le dossier du chlordécone, ce pesticide cancérigène qui a contaminé neuf dixièmes des populations de Martinique et de Guadeloupe selon Santé publique France, lundi 27 juin. Les demandes d'indemnisation des plaignants pour préjudice d'anxiété ont cependant été rejetées.

Dans sa décision, le tribunal juge que "les services de l'Etat ont commis des négligences fautives" en permettant la vente de différents insecticides contenant du chlordécone sous différents noms. La justice reproche également d'avoir laissé ces produits être commercialisés "au-delà des délais légalement prévus en cas de retrait de l'homologation" : le chlordécone avait été interdit en France en 1990 mais a continué à être autorisé dans les champs de bananes de Martinique et de Guadeloupe jusqu'en 1993 grâce à des dérogations ministérielles. Son utilisation a provoqué une pollution importante et durable des deux îles, et les habitants présentent un des taux d'incidence du cancer de la prostate les plus élevés au monde.

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