En Guadeloupe et en Martinique, des milliers d'habitants n'ont plus confiance dans les autorités sanitaires depuis qu'ils savent que leurs îles sont gravement polluées par le chlordécone, un pesticide épandu jusqu'en 1993 dans les bananeraies. Un scandale sanitaire édifiant dont « Marianne » retrace les dérives, en exploitant des travaux de la Commission d'enquête parlementaire.
Chlordécone : aux origines d'un scandale sanitaire qui exacerbe la colère des Antillais

En Guadeloupe et Martinique, syndicats et associations ont hérissé depuis la fin novembre des premiers barrages sur les routes, afin que les personnels soignants qui refusent de se faire vacciner contre la Covid 19, ne perdent ni leurs salaires, ni leurs emplois. Une révolte sociale, mais aussi une défiance qui vient de loin. En matière de santé, certains manifestants ne font en effet plus confiance aux autorités depuis qu’ils ont découvert qu’une part des sols et des rivières de leurs archipels sont pollués par le chlordécone, un pesticide épandu jusqu’en 1993 dans les bananeraies.Qui est responsable de « cet aveuglement collectif » selon les mots d’Emmanuel Macron ? Quels effets de ce pesticide sur les humains ont été prouvés ? Comment sortir la Guadeloupe et la Martinique de cette pollution insidieuse ? Pour y voir plus clair, Marianne s’est plongée notamment, dans les rapports d'enquête rédigés en 2019 par la députée guadeloupéenne Justine Bénin, dans le cadre de la commission parlementaire sur l'utilisation du chlordécone et du paraquat, présidée par Serge Letchimy, aujourd’hui président du Conseil exécutif de la Martinique. Édifiant !1972 : coup de canif dans la vigilanceLa...