Il y a celles dont on lira le témoignage dans toute la presse. Et celles dont on entendra jamais parler. Au procès du 13-Novembre, des dizaines de parties civiles s'expriment chaque jour. Pourtant, les médias n'en retiennent que certaines, bien souvent les mêmes. Marianne s'interroge sur cette fabrique du « bon client » jusqu'à la « bonne victime ».
Bonnes et mauvaises victimes : au procès du 13-novembre, l'implacable sélection des médias

À la barre, le récit de Clarisse, rescapée du Bataclan, est haletant. Elle a trente ans, elle est ravissante. Elle manie le suspense et l’humour. Elle raconte qu’elle se voit « mourir à un concert de rednecks américains dans une salle pas très connue ». Se dit : « Je ferai peut-être la une de Ouest-France… » Rires sur les bancs. Cyrille, lui, a une cinquantaine d’années. Son récit est fade, décousu. Ses phrases sont incomplètes. Il a perdu son meilleur ami au Bataclan et il paraît grincheux. Dans la presse, on lira beaucoup le récit de Clarisse. Pas une fois celui de Cyrille…À LIRE AUSSI : Procès du 13-Novembre : les rescapés du Bataclan racontent "la culpabilité du survivant"Au procès des attentats du 13 novembre 2015, c’est toujours la même mécanique. Depuis la fin de septembre, 15 parties civiles s’expriment chaque jour. Seules deux ou trois ont l’honneur de voir leur témoignage repris par les médias. Bien souvent les mêmes. Est-ce à croire que, parmi les 400 victimes qui témoignent à la barre (sur plus de 2 200 déclarées), certaines souffrances méritent, plus que d’autres, d’être entendues ?C’est, en fait, une implacable sélection : journaliste, on conserve les victimes qui...

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