Quelques mois après l'élection d'une indienne Mapuche à la tête de l'assemblée constituante, le Chili voit arriver au coude à coude l'extrême droite et l'extrême gauche au premier tour de l'élection présidentielle. Pour l'emporter, José Antonio Kast, avocat nostalgique de la dictature de Pinochet, et son adversaire Gabriel Boric, doivent convaincre les nombreux abstentionnistes.
Au Chili, l'élection présidentielle se joue entre extrême droite et extrême gauche

Le second tour de l'élection présidentielle au Chili aura lieu le 19 décembre prochain. Face à face, le représentant de la droite la plus dure, José Antonio Kast (27,9 %), 55 ans, avocat père de neuf enfants, nostalgique du dictateur Augusto Pinochet, opposé à l'avortement, et Gabriel Boric (25,7 %), 35 ans, candidat de la gauche radicale, député et figure des mouvements étudiants de 2011.Un match serré, sur fond de tentation de retour à l'ordre d'une partie de l'opinion chilienne, après les émeutes sociales de 2019 qui ont abouti à l'élection d'une assemblée constituante, laquelle devrait rendre son projet de nouvelle constitution en mars prochain. Projet auquel Antonio Kast est opposé, et dont le but affiché est de rompre avec l'héritage pinochiste. À la tête de l'assemblée, dont la majorité est faite d'élus de gauche et de représentants de la société civile, Élise Locon, une indienne Mapuche : la question et les revendications des peuples autochtones sont de plus en plus importantes au Chili, où le racisme, notamment vis-à-vis des immigrés vénézuéliens, est en progression. Deux visions du pays clivées s'affrontent alors que pour la première fois depuis trente ans, les partis de...