Retraites : que peuvent obtenir les syndicatsRetraites : que peuvent obtenir les syndicatsmaxppp
Plus de deux millions de manifestants sont attendus ce mardi 7 septembre dans les rues pour protester contre la réforme des retraites. De quoi faire plier le gouvernement ?
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1. 62 ans sinon rien !

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a annoncé la couleur : "Rien n'est intangible, sauf l'âge de départ à la retraite". Si le recul à 62 ans de l'âge légal est la clé du projet de loi, sa suppression est aussi la principale revendication des syndicats. Le gouvernement peut-il reculer sur ce point ? "Personne ne résiste à la pression sociale", répond Eric Aubin, en charge des retraites à la CGT. Faux, estime de son côté Stéphane Sirot, historien spécialiste des mouvements sociaux. "Depuis 15 ans, le système est déréglé, grèves et manifestations de travailleurs ne réussissent plus à faire plier les dirigeants", analyse-t-il. Il y aura selon lui des concessions, mais pas sur les 62 ans. Pour plus d'infos sur le projet de réforme, cliquez ici

1. 62 ans sinon rien !© Creative Commons

2. Les 65 ans, l'enjeu de la bataille ?

Ces derniers jours, la bataille s'est recentrée autour du deuxième âge légal, celui qui donne droit à une retraite sans décote quel que soit le nombre de trimestres. Le gouvernement veut reculer cet âge de 65 à 67 ans, ce qui pénaliserait les carrières incomplètes, surtout les femmes. Le "non" de l'exécutif. Le leader de la CFDT François Chérèque a proposé de maintenir les 65 ans au moins jusqu'en 2018. Pas question, a répondu le ministre du Travail Eric Woerth, le passage à 67 ans représente selon lui un tiers des économies attendues.A lire aussi :Retraites : Eric Woerth a répondu à vos questions !

2. Les 65 ans, l'enjeu de la bataille ?© Creative Commons

3. La pénibilité au coeur du débat

Comment prendre en compte la pénibilité du travail au moment de la retraite ? Sur ce point, le gouvernement semble prêt à des concessions. Ce que prévoit le texte : que les personnes dont le taux d'incapacité est de 20% ou plus puissent continuer à partir à 60 ans.Ce que demandent les syndicats : que les salariés ayant eu des conditions de travail pénibles (exposition à des substances nocives, travail de nuit, efforts physiques, etc.) puissent partir avant les autres, même s'ils ne sont pas malades au moment de la retraite. Pénibilité : l'avis de Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités du régime général

3. La pénibilité au coeur du débat© Creative Commons

4. Que peuvent espérer ceux qui ont commencé jeunes ?

Autre point sur lequel le gouvernement devrait négocier : les carrières longues. Actuellement, ceux qui ont commencé à travailler à 14 ou 15 ans peuvent partir entre 56 et 58 ans - à 59 ans pour ceux qui travaillent depuis leurs 16 ans. Encore faut-il avoir accumulé la durée d'assurance nécessaire pour une retraite à taux plein, majorée de 8 trimestres. Le projet de loi étend la possibilité de départ anticipé à ceux qui ont commencé à 17 ans - ils pourront liquider leurs droits à 60 ans. En revanche, ceux qui cotisent depuis leurs 14 ou 15 ans ne pourront désormais partir qu'à 58 ou 59 ans - 60 pour ceux qui ont commencé à 16 ans. Proposition de la CFDT : qu'un travailleur puisse prendre sa retraite dès qu'il a le nombre de trimestres d'assurance requis, sans majoration ni condition d'âge.

4. Que peuvent espérer ceux qui ont commencé jeunes ?© Creative Commons

5. Le casse-tête des 'poly-pensionnés'

Les syndicats sont montés au créneau pour défendre les "poly-pensionnés", qui ont cotisé à plusieurs régimes et touchent souvent une pension moindre à cause du mode de calcul. Rien sur le sujet dans le projet de loi, et pourtant 40% des retraités sont concernés ! Là aussi, le gouvernement pourrait lâcher du lest. Les carrières public-privé. Pour ceux qui ont travaillé dans le public et le privé, le calcul de la partie "privée" de la pension se fait actuellement sur les 25 meilleures années, comme pour ceux qui n'ont évolué que dans le privé. Les syndicats veulent une proratisation. Exemple : vous avez été salarié la moitié de votre carrière, le calcul se baserait sur les 12,5 meilleures années. En outre, 15 ans de service dans le secteur public sont pour l'instant nécessaires pour une retraite de fonctionnaire. "Il faut baisser cet âge", estime-t-on à la CFDT. Les carrières privé-privé. Quant à ceux qui ont cotisé à plusieurs régimes du privé (exemple : vous avez été salarié du régime agricole et du régime général), les syndicats demandent que soient prises en compte les 25 meilleures années tous régimes confondus plutôt que les meilleures années de chaque régime.

5. Le casse-tête des 'poly-pensionnés'© Creative Commons

6. Et les femmes alors ?

Le projet de loi pourrait enfin être modifié pour améliorer la situation des femmes face à la retraite. Parmi les idées en débat : partager en cas de divorce les droits à la retraite accumulés par le couple ; mieux informer sur les temps partiels ; faciliter le cumul pension de réversion et emploi ; ouvrir la réversion aux pacsés, etc. Les mères fonctionnaires : Le texte prévoit de supprimer la possibilité de départ à la retraite après 15 ans de service pour les fonctionnaires ayant trois enfants ou plus. Mais selon les informations des ''Echos'', le gouvernement accepterait que cette mesure entre en vigueur plus progressivement que prévu. A lire aussi :Retraites : une réforme injuste pour les femmes ?