Vendredi dernier, le Sénat a voté plusieurs réformes concernant la retraite. Certaines viennent corriger le travail du gouvernement sur les pensions de retraites et sont bienvenues. Mais cette correction n'est pas sans contrepartie…
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Retraite : le Sénat repousse l’âge légal de départ

Vendredi dernier, le Sénat a voté le relèvement de l’âge de départ à la retraite, effectif à partir de 2020. Tous les actifs décidant de solder leurs droits à la retraite en 2020 devront donc attendre 63 ans pour toucher le taux plein. Au total, 198 voix (Les Républicains, centre et Parti Socialiste) se sont prononcées en faveur de cette mesure – décidée dans le cadre de l’examen du budget de la Sécurité sociale – contre 111 (Parti Socialiste, Communistes et La République en Marche), rapporte Le Figaro.

D’après René-Paul Savary, rapporteur pour la branche vieillesse et sénateur LR, cette décision devrait permettre de "redonner du pouvoir d’achat à une majorité de retraités". En effet, elle fait suite au choix du gouvernement de limiter à 0,3% la revalorisation des pensions de retraites. Limitation à laquelle s’oppose le Sénat, qui a décidé du report de l’âge de départ à la retraite pour "compenser" le coût de l’indexation en fonction de l’inflation. La chambre haute a d’ailleurs voté son rétablissement le même jour.

Tous les groupes ayant voté pour le rétablissement de l’indexation des pensions de retraite en fonction de l’inflation ne nourrissent cependant pas les mêmes ambitions. Le groupe socialiste explique au quotidien être "totalement opposé à la désindexation". "Dans le même temps nous sommes opposés à cette mesure de relèvement de l’âge de départ à la retraite", poursuit Yves Daudigny, sénateur PS.

Retraite : le gouvernement estime ne pas s’être attaqué aux retraités

"C’est de la démagogie que de dire que nous nous attaquons aujourd’hui aux retraités", estime de son côté Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités. "Nous avons ciblé toutes nos aides en faveur des plus modestes", ajoute-t-elle. En effet, comme le rappelle Le Figaro, si les pensions de retraites sont concernées par la limitation de la revalorisation, ce n’est pas le cas des minimas sociaux. Par ailleurs, le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé doivent bénéficier d’une revalorisation exceptionnelle.

Le problème de financement du régime de retraite est connu et a déjà été renseigné par le Conseil d’orientation des retraites (COR). "Le COR est un organisme connu pour son optimisme. Pourtant, il parle de déficit du système des retraites dès 2022", rappelle Philippe Crevel, économiste libéral et directeur du Cercle de l’Epargne. Or, d’après l’organisme, sauf à repousser l’âge du départ à la retraite, le niveau des retraités pourrait chuter drastiquement, comme l’indiquait déjà Planet.

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