Partir vivre ses vieux jours au soleil tente de nombreux retraités. Quand certains pays, comme le Portugal, proposent une exonération d'impôt sur les pensions étrangères pour les dix premières années, l'attirance est compréhensible. Attention, cependant… L'annonce est parfois trop belle pour être vraie !
IllustrationIstock

Retraité et expatriation : attention, le fisc français est dur à quitter

Dix ans durant, promet le Portugal, les pensions de retraite provenant de la France seront exonérées. Seule contrainte ? Embrasser le statut de "résident non habituel" (RNH), comme le rappelle Le Figaro. C’est – en théorie, au moins – l’assurance d’un régime fiscal nettement plus favorable pour les actifs comme les retraités étrangers. Les revenus des médecins issus de l’Hexagone, par exemple, ne sont taxés qu’à hauteur de 20%.

Mais comment obtenir le Saint-Graal fiscal ? "Il suffit de ne pas avoir été résident dans ce pays les cinq années précédentes et de s’y installer", explique le quotidien marqué à droite. Concrètement, cela signifie y passer au moins 183 jours par an et, idéalement, y installer sa résidence principale. Il faut également, cela va de soi, en faire la demande auprès des autorités. Assurez-vous de le faire avant le 31 mars de l’année suivant votre installation.

Malheureusement, cela ne fait pas tout précise le journal. Pour échapper au fisc, vous devrez abandonner toute résidence principale dans l’Hexagone, cesser d’y exercer une activité professionnelle. Il faut aussi ne pas domicilier le "centre de ses intérêts économiques" en France, ce qui s’avère difficile à prouver du fait du caractère flou de la notion. "Il est souvent nécessaire de réorganiser son patrimoine", avertit en effet Agnès de l’Estoile-Campi, avocate, dans les colonnes du titre.

Des difficultés qui ne se retrouvent donc pas qu’au Portugal, comme le précise Le Monde. Avant d’envisager un départ assurez-vous de consulter la convention fiscale bilatérale. C’est elle qui détermine qui taxe quoi. Si elle n’existe pas, le risque d’une double imposition est bien réel explique un notaire interrogé par le quotidien du soir. Un piège potentiel de plus.

Enfin, pensez à vérifier quel elle est la fiscalité appliquée par le pays que vous souhaitez rejoindre. Dans les pays où les revenus moyens sont moins élevés en France, il peut arriver que votre seule pension suffise à faire de vous un contribuable riche. Par conséquent, vous pourriez être amené à payer davantage d’impôts… Sans oublier qu’il est parfois compliqué d’accéder à une taxation conjugale, poursuit le quotidien national.

Retraité et expatriation : obligé de payer l’impôt pour bénéficier de l’exonération ?

"Si vous n’y payer pas d’impôt, le fisc français pourrait juger que vous êtes encore résident fiscal français et vous taxer", assène Mehdi Benlahcen, conseiller consulaire à Lisbonne, dans les pages du Monde.

Emménager à l’étranger et abandonner toutes ses résidences françaises pourrait, encore une fois ne pas être suffisant. Plusieurs cas ont en effet signalés en Israël et au Portugal, des pays dont les conventions stipulent qu’il faut être assujetti à l’impôt pour être considéré résident fiscal.

"Par sécurité, il est bon de mettre un bien en location dans le pays afin de percevoir des revenus fonciers, qui seront taxés localement", estime dans les colonnes du Monde Paul Moutardier, avocat.

Comparez les meilleures offres de mutuelles senior

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la matinale de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.