Les négociations conduites dans le cadre de la réforme des retraites entrent dans le concret. Le gouvernement hésite d'ailleurs sur plusieurs points concernant les pensions et leur revalorisation…

Retraite : ces deux types de pensions qui font hésiter l’exécutif

C’est, sans nul doute, l’un des chantiers les plus explosifs lancés par le gouvernement d’Emmanuel Macron. La réforme des retraites pourrait même "mettre le feu au pays", assurent certains responsables syndicaux dans les colonnes du Parisien. Un dossier qui comprend, nécessairement, un chapitre sur l’évolution des pensions dans le modèle à venir…

Pour les syndicats, rapporte L’Express, il importe de renoncer à l’indexation des pensions sur l’inflation. Sur ce sujet, l’exécutif n’a pas tranché puisque deux modèles-types se livrent encore un duel au sommet. D’une part, le système actuel qui implique un certain nombre de défauts d’après l’hebdomadaire, et d’autre part l’indexation des pensions sur les revenus des actifs.

Dans les deux cas, peu indépendamment des évolutions prévues par le gouvernement, les retraités actuels ne devraient pas être concernés, rappelle Notre Temps. Le nouveau régime ne doit, en théorie, pas entrer en vigueur avant 2025 et la première génération concernée est celle de 1963.

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Il est très peu probable que le gouvernement opte pour une revalorisation annuelle des pensions basée sur les seules évolutions de salaires des actifs. D’après le Haut-commissaire à la réforme Jean-Paul Delevoye, le coût serait trop élevé et il faudra nécessairement verser des pensions beaucoup plus basses qu’actuellement en début de retraite.

La solution que prôneraient celles et ceux qui travaillent à la réforme n’est pourtant pas très différente explique le journal hebdomadaire : il s’agirait de baser chaque année la revalorisation sur l’évolution minorée des revenus des actifs. La principale nuance vient du fait que les "revenus des actifs" comprennent plus que les salaires. Sont concernés les salariés, mais aussi les indépendants ainsi que les fonctionnaires.

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Fondamentalement, cette méthode permet d’éviter la dépendance à la croissance du système. Se faisant, elle permettrait une meilleure visibilité quant à la santé à long terme du système des retraites. En outre, c’est l’indexation des pensions sur l’inflation qui a ralenti la progression du niveau de vie des retraités… Puisque les salaires progressent généralement plus vite que les prix.

Un tel choix n’empêche pas de fixer un seuil plancher, de façon à ce que les pensions ne descendent pas sous l’inflation, si la croissance des sources de revenus n’est pas assez importante. Une mesure "politiquement indispensable", estime L’Express.

Retraite : les modalités qui posent encore problème au gouvernement

Si c’est effectivement vers ce choix que décident finalement de se diriger l’équipe d’Emmanuel Macron, les modalités d’applications concrètes devront encore être précisées. D’autant plus que la nature même de la réforme implique de répondre à toutes les questions sans perdre de vue les autres, de telle sorte à assurer l’équilibre financier du régime.

Par exemple, si le gouvernement opte pour une indexation sur l’évolution des revenus, il pourrait également choisir de réduire la pension obtenue au moment de la liquidation des droits. Et pour cause : dans ce schéma, celle-ci croit plus vite que dans le système actuelle, ce qui justifie qu’elle commence plus forte.

Les autres interrogations soulevées concernent aussi le niveau de la minoration, le seuil plancher concret, le caractère évolutif de le revalorisation… Tant de questions qui ne devraient pas trouver de réponse officielle avant juin, normalement.

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