Émouvants ou cocasses, joyeux ou amers, tendres ou désabusés : ce sont vos témoignages, instants de vie et anecdotes. Le bonheur ou la chienlit ? Pour vous, Mai 68, c'était...
Mai 68 : vos témoignagesCreative Commons

En mai 68, j'ai participé, avec mon unité de gendarmerie (escadron du Sud-Ouest), à la reconduite à la frontière ( allemande) de M. "Dany le rouge" et à la "libération" de la Sorbonne.Sur la photo n° 5 de votre rétrospective, vous découvrez en premier plan un jeune gendarme, en barrage avec son escadron du Sud-Ouest. C'est moi.

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Le 10 mai je n'ai pu aller à un dîner à la Tour d'Argent à cause des embouteillages.Le 13, je suis allé à un bal costumé au château de Pontchartrain donné pour la sortie du film "Le Bal des vampires", et c'est déguisé en Dracula que j'ai ramené à cinq heures du matin une amie qui habitait place Beauvau, devant des policiers étonnés !A la maison, le manque d'essence nous a privé de golf.Le reste est sans importance.

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Au cours d'un défilé dans les rues d'Aix-en-Provence, j'ai crié "libérez Babar !" et 15 000 personnes ont repris en choeur pendant 500 m ! Je ne savais plus où me mettre, j'en ris encore 40 ans après !

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C'était début mai. Mon père dit à ma mère : "S'il faut faire la révolution, on descendra dans la rue !" Et ma mère de lui répondre : "En attendant descends la poubelle..." Mon père a raté une marche et s'est cassé les côtes. La révolution s'est terminée par un repos forcé !

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Dès la 2e semaine de mai 68, nous étions sous les drapeaux, à Toul, et quelques bruits de couloir nous faisaient comprendre la possibilité d'un ordre de mobilisation pour aller aider les forces de l'ordre sur Paris.

Avec quelques amis militaires, nous avions mis au point une stratégie de refus et surtout d'insubordination : on prévoyait de s'emparer de nos véhicules de transport pour aller rejoindre la capitale et les "camarades" en grève, et se mettre à leur disposition... Quelquefois, je pense à cette journée mémorable, où peut-être nous aurions fait "boule de neige" et, pourquoi pas, démarré une vraie"révolution" grâce au contingent... L'ordre n'a jamais été donné... Y a t-il une cause à ça ? On peut toujours rêver !!

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En Mai 68, j'attendais le bus à Massy-Palaiseau pour aller participer à une manif au Quartier latin. Un CRS tenant à la main son casque et sa matraque attendait le bus en même temps que moi... Ce serait lui qui allait me taper dessus ? J'ai quand même pris le bus en même temps que lui !

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Le 8 mai 68, je mettais ma fille au monde en Afrique : je l'ai appelée France ! Le 9 mai, je quittais très vite la maternité en raison des émeutes pour rentrer chez moi, dans la brousse, où je vivais et où le calme régnait !

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Un jour de mai 68, je revenais de Paris en voiture quand, sur la colline de La Celle-Saint-Cloud, sur une route de campagne (c'était encore ainsi à cette époque, avec du bocage), au détour d'une courbe, j'ai vu une femme assez âgée, aux cheveux blancs, en tenue de fermière, avec des bottes crottées, tenant un drapeau rouge dans chaque main, les bras en croix au milieu du chemin, m'interdisant d'aller plus loin...

Je me suis arrêté, interloqué, car je trouvais que cette dame était un peu âgée pour faire la révolution, et que le lieu était curieux pour un barrage... Je m'apprêtais à sortir de mon véhicule pour aller lui demander calmement le passage, mais je suis resté la bouche ouverte, comme un idiot, car j'ai vu s'engager sur la route... une jolie vache laitière, puis une deuxième, puis tout un troupeau, me regardant au passage et entrant tranquillement dans le pré de l'autre côté de la route !La dame m'a fait un grand sourire et a suivi ses vaches, fermant la clôture derrière elle. C'est la seule manif que j'ai précieusement gardé dans ma mémoire !

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Juste une anecdote : mi-juin, j'ai reçu un colis contenant une biographie du Che, du beurre mayennais, de l'andouille de Vire, du chocolat... Je vous laisse imaginer l'état des objets après un mois et demi de stationnement sur un quai de gare entre Laval et Belfort ! Seul le Che s'en est sorti, mais une odeur particulière, indéfinissable, ne l'a jamais quitté...

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Aujourd'hui, peut-être que j'irai en prison pour avoir dit ça (en Chine, c'est sûr !), mais je me souviens qu'en mai 68 il faisait beau, j'avais 17 ans, j'étais amoureuse et je défilais dans les rues de Limoges avec ma meilleure amie en criant ce slogan : "CRS SS" ! L'anecdote, c'est que son père était CRS...

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J'étais alors étudiante en journalisme à Strasbourg et nous manifestions devant le palais universitaire. Des policiers strasbourgeois formaient une ligne destinée à nous empêcher de passer. Nous essayions de les convaincre de la justesse de notre action, calmement, en discutant avec eux, quand nous avons entendu d'énormes bruits de pas derrière nous : les CRS chargeaient ! En une fraction de seconde, le commandant des policiers alsaciens, un homme d'âge mur qui aurait pu être mon père, a décidé de briser sa ligne et de nous faire passer derrière ses hommes. Les forces de l'ordre se sont donc retrouvées face-à-face, les policiers locaux devenant... nos protecteurs. Et alors qu'il nous couvrait (ce qui a certainement dû lui coûter cher !) j'ai entendu notre ange gardien marmonner : "Mais qu'est-ce qu'ils foutent, ce ne sont que des gosses de l'âge des nôtres ! On ne va pas les massacrer !"

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J'étais sur la place du Lion de Denfert-Rochereau, à Paris.Je faisais la circulation en pleine manif : j'ai arrêté un camion militaire, j'ai cru qu'il ne s'arrêterait pas. Il s'est arrêté, j'étais médusé : un jeune étudiant qui arrête un camion de l'armée !

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J'avais 18 ans et j'avais commencé à travailler à 15 ans aux archives d'une assurance qui a disparue depuis (et, pour ce travail, j'attend toujours mes validations de trimestres...). Les étudiants, c'était un autre monde. Il n'y avait plus de transport en commun et nous faisions du stop pour aller à Montmartre où des gens jouaient de la guitare sur les marches...C'est là que j'ai rencontré pour la première fois une fille qui avait un badge "Faites l'amour, pas la guerre", et qui m'a embrassé sur la bouche.C'était bien ce Mai 68 là !

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On s'est laissé embarqué par ces branleurs d'étudiants, fils à papa qui passaient leur temps à la terrasse des bistrots et bossaient 15 jours avant les exams pendant que nous, fils d'ouvriers, on allait aux cours du soir toute l'année après 45 heures de boulot pour tenter de gagner 20 balles de plus par mois.On nous a quasiment forcé à fermer la boîte (les MMA au Mans, grosse société d'assurances) et quand on a eu fermé et qu'on a voulu taper fort (brûler quelques bureaux sur la place principale, séquestrer le patron...) on nous a dit que ce n'était pas le moment, que c'était seulement par solidarité avec les étudiants qu'il fallait débrayer.On a perdu 15 jours de salaire pendant que les trous du cul faisaient les malins en ville et rentraient le soir chez papa-maman pour raconter leurs exploits. On s'est fait baiser sur toute la ligne et on a retrouvé nos braves étudiants comme patrons quelques années après, plus fachos que les vieux qui nous dirigeaient auparavant.

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J'étais une jeune étudiante suédoise et je me souviens surtout qu'un immense désordre régnait partout : entre autres, il n'y avait plus de transports en commun et plus d'essence. Le jour où De Gaulle a "disparu", j'ai été prise en stop le soir par un jeune couple français avec leurs deux enfants. Ils avaient rempli en vitesse le coffre de leur 2 CV pour quitter Paris en direction de la province. Il leur restait une petite place derrière à côté des enfants. Ils me disaient : "De Gaulle a disparu. Rentrez vite chez vous. +a va être la révolution !" Cela m'a fait très peur. Je n'avais jamais vu un CRS avant, à peine un gendarme. Et j'ai compris que les Français avaient peur.

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En pleine grève, je roulais avec une Dauphine, un chiffon rouge à l'antenne. Nous gardions notre usine. Nous manifestions à Reims. En face, il y avait des contre-manifestations organisées par l'UNR. J'ai pris mon premier coup de matraque, lors d'une manif place de la République, à Reims. On voit plein de couleurs.

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Un jour de mai 68, alors que je ramenais trois copains, qui rentraient également de l'Insa de Lyon vers l'Alsace, avec ma R8, nous sommes tombés dans le Jura sur un contrôle de gendarmerie, sérieux, avec herse et fusils mitrailleurs.Les voitures devant nous sont passées "comme des lettres à la poste". Lorsque ce fut notre tour, à la question : "Profession ?", nous avons répondu en choeur : "Etudiants !". Il n'en fallait pas plus pour que nous soyons priés de nous garer pour une fouille en règle. Là où ça devient croustillant, c'est que nous n'avions chacun, pour tout bagage, qu'un énorme sac de linge sale à laver. Les préposés à la fouille ont donc remué tout cela pour ne trouver... que du linge sale !Détail qui tue : j'avais à bord de ma voiture un dénommé Alain Geismar, homonyme de celui qui faisait beaucoup parler de lui...

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Travailleur, je n'ai pas fait grève en 68. On ne résout pas les problèmes moraux et économiques dans la violence : on dialogue ! Et n'oublions pas que les étudiants ont démoli le moral des travailleurs : ce n'était en fait qu'un problème universitaire. Il aurait fallu réformer l'Université et la rendre mixte depuis longtemps !

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En 68, l'idée d'un changement de société m'intéressait vraiment et nous en parlions passionnément entre camarades de fac. Malheureusement, j'étais enceinte jusqu'aux dents et je suis entrée en clinique le 27 avril pour en sortir le 10 mai. Bien sûr, la naissance d'un petit bout a été un vrai bonheur, mais j'ai toujours regretté de ne pouvoir participer à cette partie de l'histoire : les manifs, les AG, les confrontations d'opinion, je ne les ai vécues que par télé et radio interposées. Et, là, je ne suis pas sûre que l'information circulait vraiment. Dans le fond de mon lit d'hôpital, je bouillais de ne pas y être !

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Pour moi, Mai 68 c'est un potentiel changement de société, qui n'a pas abouti. Le ridicule, des leçons données à la classe ouvrière par des apprentis-sorciers comme Cohn-Bendit, qui vont aujourd'hui flirter à Davos aux rencontres mondiales du grand capital.Des espérances déçues de jeunes sincères et militants qui croyaient en la révolution, sans expériences des luttes. Non, Mai 1968 n'est pas une révolution, rien n'a profondément changé dans les institutions et le système économique. Ce fut tout au plus une révolution du désir, qui a échouée et a été récupérée par des professionnels de la politique, toujours à la chasse, non des besoins des peuples, des citoyens, mais de leurs petits pouvoirs égoïstes et capitalistes.

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Jeunes mariés et privés de transports en commun et de carburant, nous avons quitté Lyon à bicyclette pour aller faire du camping dans un village de l'Isère. Le maire fort aimablement nous à ouvert le stade et nous indiqué un coin où installer une petite tente deux places. Le transistor branché sur Europe 1 nous a informé d'un retour à la normale imminent, nous avons regagné nos pénates, toujours grâce à la petite reine. Cette recherche d'éloignement a été motivée par le climat fort tendu qui régnait à l'époque entre les étudiants et les CRS défenseurs de l'ordre.

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En 68, j'étais en seconde au lycée à Lyon-VI. Les salles de cours étaient situées dans un bâtiment où logeaient, au rez-de-chaussée, une compagnie de CRS !Nous n'avons pas été dérangés dans nos études et nous avons eu cours (malheureusement !) tous les jours. Maquillage interdit, blouses obligatoires et pas de manif à proximité !Tout a changé à la rentrée de septembre 1968 : plus de blouses, maquillage autorisé, certain(e)s venaient en moto et se garaient dans la cour... des CRS !

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En Mai 68, j'avais 16 ans, je travaillais dans une usine de confection. Je faisais le piquet de grève la nuit devant l'usine. Nous avions séquestré la directrice dans son bureau pour qu'elle nous donne notre salaire ! Je pense que je participais à ce mouvement surtout par jeu, ça me changeait de la routine... Ce fut une bonne expérience et, bien sûr, nous avons vu nos salaires augmenter et les conditions de travail s'améliorer.

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En mai 68, mon père étant garde mobile, je ne pouvais aller au collège sous peine de lynchage ! Merci papa.

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Avec une collègue, pour aller travailler, nous faisions chaque jour le trajet entre l'avenue d'Italie et le boulevard Haussmann, en passant par la rue des Saint-Pères. Nous nous arrêtions pour écouter les étudiants en médecine et, un jour, en me retournant, j'ai vu un commando de CRS caché dans la petite rue face au Dom Camillo ! J'ai dit à ma collègue : "Si tu sais courir, c'est le moment !" On est parties comme des folles juste avant l'attaque du commando !

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En 1968, j'étais caissier EDF en Seine-et-Marne. Vers la fin du mois de mai, la grève bloquait encore tout le pays, les banques étaient à court de liquidités, le personnel était en manque d'argent. La direction avait donc pris l'initiative de verser un acompte pour dépanner les familles. Comme nous étions rattachés à un siège parisien, je suis parti en mission avec mon responsable hiérarchique, accompagnés d'une autre personne, pour retirer les fonds nécessaires en plein centre de Paris. Nous avions bourré des sacoches de papier journal, envisageant de placer les coupures de monnaie dans les poches de nos vestons... en cas de hold-up ! Ce que nous n'avions pas prévu, c'est que la caisse centrale parisienne nous attribue des petites coupures, dans une sorte de grand sac marin... Je me suis retrouvé sur le trottoir devant le siège de l'entreprise, porteur du sac, pensant retrouver notre véhicule qui m'attendait en double file... Plus de voiture ! La rue étant étroite, son chauffeur avait dû avancer ! Obligé de courir avec mon précieux et très encombrant colis, j'ai rejoint la petite troupe quelques dizaines de mètres plus loin... Heureusement, les bandits de grand chemin étaient en grève !

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J'étais à l'armée en Mai 68, à Berlin ; les appelés dont je faisais partie étaient consignés en casernes. Ceux de Berlin furent les derniers mobilisés et prêts à rejoindre la France pour contrer les manifestations. Je me souviendrai toujours de l'ordre que l'on nous avait donné : nous avions l'obligation de tirer à balle réelle sur les Parisiens en cas d'insurrection ! J'ai toujours pensé que je ne le ferais jamais... J'ai aimé ma désobéissance, que je cultive encore !!!

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En Mai 68, j'avais 17 ans et demi. A cette époque, je travaillais à Lille dans un laboratoire d'analyses médicales. Un soir, mon père, agriculteur, était venu me rechercher après mon travail. Notre curiosité nous poussa à aller vers la Grand Place de Lille où se déroulait une manifestation entre pro et anti grèves. Sur la Grand Place, les pour, sur la place Rihour, les contre. Entre les deux, sur environ 100 mètres, la courte rue des Manneliers, avec de chaque côté un cordon de CRS.Soudain, des personnes voulant rejoindre le camp adverse se sont mises à courir et ont franchi la rue des Manneliers en courant sur les toits et les capots des voitures en stationnement. Ils étaient poursuivis par quelques CRS qui essayaient de les faire chuter en leur donnant des coups de matraque. C'est la chose la plus comique que j'ai vu à cette époque lors des manifs !

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En 68 j'avais 16 ans, l'âge de la révolte contre les parents et la société trop organisée, pour satisfaire le besoin de liberté que l'on peut ressentir à l'adolescence. Les événements n'ont été que le ras-le-bol d'une société gouvernée par un vieillard sénile ayant le culte de la personnalité, se souciant des problèmes intérieurs du pays comme de sa première chemise, bref le type même du malade mental : la mégalomanie du pouvoir absolu. Se réclamer du gaullisme aujourd'hui, c'est avoir un demi-siècle de retard !

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Le 3 mai, le choc. Je sors de cours et je passe devant la Sorbonne. Un attroupement et des gendarmes mobiles ou CRS, je ne sais plus. Ils n'étaient pas beaucoup. Ce n'était pas une manif. Ils ont dit "On y va", et ils sont entrés calmement dans la Sorbonne.Le choc, c'était de voir les forces de l'ordre entrer dans la Sorbonne. Inimaginable. Sacrilège !

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Je servais mon pays pour 18 mois et j'attendais avec impatience ma première permission. Malheureusement, les événements de Mai 1968 m'ont retenu à la caserne... Après trois mois de silence (pas de permission, pas de courrier et pas de téléphone comme aujourd'hui !), je m'apprête à retrouver mes parents qui sont concierges à Paris dans le XVIe arrondissement. J'arrive et là, grand désarroi, mes parents n'habitent plus là ! Où sont-ils ? C'est une voisine qui m'apprend qu'ils ont déménagé dans un autre quartier du XVIe, avenue de la Grande Armée...

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En Mai 68, le premier jour, j'y étais, façon de parler. Je revenais de chez un médecin qui se trouvait aux environs de Denfert-Rochereau. J'avais 16 ans et ma mère m'accompagnait en voiture. Nous avons vu des pavés voler au-dessus de nous, des CRS et des "gens" de chaque côté de l'avenue. Alors ma mère a dit pour moi une phrase historique : "Ce soir nous allons regarder la télévision". Ce fut une des dernières fois, pendant un certain temps, que nous avons allumé le poste...Pour la petite anecdote personnelle j'étais en internat rue Raspail et je n'y étais pas bien du tout. Mai 68 m'a permis d'être heureuse de ne plus y remettre les pieds. Malgré mon jeune âge, je suivais de près les événements, mes parents étaient au PC et m'expliquaient. Maintenant j'ai 56 ans, à la veille de la retraite et je milite très fort.

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En 68, j'étais en première au lycée Cézanne d'Aix-en-Provence, nous refaisions le monde aux terrasses des cafés, il faisait très beau. Au lycée, avec celle qui est restée mon amie, nous concevions la gestion nouvelle de l'enseignement tel que nous le rêvions. Plus de liberté, plus de responsabilités, plus d'écoute des revendications. Chefs de classe, nous étions les porte-parole de l'ensemble de nos collègues. J'en suis sortie mûrie, j'en suis restée rebelle à toute loi qui me paraît injuste, à toute situation qui me paraît insupportable. J'ai réalisé que l'on pouvait faire changer les choses, que rien n'est impossible si on le veut vraiment.

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Il n'y a sûrement pas eu 10 millions de grévistes sur 15 millions de travailleurs car tous ceux qui ne sont pas allés travailler ne le pouvaient pas du fait qu'il n'y avait plus de transport, ni d'électricité et c'est contraints et forcés que certains d'entre nous avons dû rester chez nous. Il y a eu des avancées en mai 1968 ce n'est pas niable, des augmentations mais par la suite il a bien fallu les répercuter sur les prix de vente.Travaillant dans les halles centrales de Paris, j'ai vu le Quartier latin au lendemain des manifs, ce n'était pas beau et ça a dû coûter cher aux Parisiens, les rues dépavées, les arbres abattus... Mais même dans ce temps-là, quand on travaillait, on avait la possibilité de monter dans l'échelle sociale, ce qui a disparu dans le temps Mitterrand et après.

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En mai 68, je travaillais aux chèques postaux. Tous les matins à 6 heures, j'étais dans les piquets de grève : les jours de pluie, les parapluies ne servaient pas uniquement à se protéger des averses ! Pas d'yeux crevés ni de blessures, heureusement. J'étais jeune, cela m'amusait beaucoup et en même temps, j'avais la sensation qu'une chape de plomb se soulevait et qu'un vent de liberté se mettait à souffler...

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En mai 68, j'étais un petit étudiant anonyme. J'étais dans un lycée privé et bien sûr tout le monde était consigné et hautement surveillé. Le miracle a eu lieu lorsqu'une manifestation étudiante a emprunté notre rue et que, passant devant les bureaux de l'établissement, un symbolique "pavé" fit exploser les vitres du bureau d'accueil, signifiant à nos instructeurs que rien ne devait plus être pareil...Si j'ai un souvenir marquant, c'est ce pavé qui symbolise le passage de la conscience à l'action réelle !

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Mai 68, une lueur, un espoir... Je venais d'avoir 18 ans, c'était ma première année de travail. Je travaillais chez Citroën, porte d'Ivry. Nous avons fait cinq semaines de grève et d'occupation chez Citroën, quel événement !Mais hélas, même s'il y a eu beaucoup d'avances et d'acquis, nous aurions pu aller plus loin et avoir davantage. Certains n'étaient pas prêts à cela, ou avaient peur... Dommage !

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En mai 1968, j'avais 14 ans, mais sans savoir pourquoi, j'approuvais ce mouvement général, car je sentais, malgré mon jeune âge, qu'il fallait changer de société. Mais j'étais loin de me douter qu'en 2008, je serais, à 54 ans, encore plus virulent !!!! Nous sommes dans une situation exécrable, due à un président qui n'en a que le nom, qui est NULLISSIME, et je suis étonné que la jeunesse actuelle n'ait pas encore réagi !!

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De Mai 68, je retiens l'irruption de la volonté de faire vivre pour de bon les idéaux de Liberté, Egalité, Fraternité, le caractère émancipatoire : en quelques années, le Mouvement des Femmes, les luttes anti-racistes, l'homophobie contestée, et tant d'autres. Et aussi l'exigence de démocratie jusque dans les entreprises, même si c'est probablement là que les rapports de force ont été le moins bousculés, et même si nombre de scandales ont récemment rappelé qu'un licenciement casse la vie du plus grand nombre mais se transforme en aubaine financière pour quelques-uns, et pas forcément en raison de leurs mérites professionnels. Enfin, le simple fait qu'on ne puisse plus dire "c'est comme çà", sans friser le ridicule !

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En 68, j'étais étudiante belge et je commençais mes études supérieures d'assistante sociale. Des enseignants nous avaient concocté un voyage d'études à Rouen. Notre objectif était de découvrir la gestion d'une grande ville... Nous avons découvert la contestation, la liberté d'expression, les AG d'étudiants : une ambiance de fête, d'échanges... Les profs ont suivi le mouvement, jusqu'au moment où une étudiante n'a pas répondu présente : elle était partie faire les barricades à Paris ! Notre car devait quitter la France pour rentrer en Belgique...Un prof pleurait : quelle responsabilité ! Nous sommes repartis et nous l'avons croisée sur un boulevard, occupée à faire du stop !Que des printemps de Mai 68 puissent encore fleurir pour nos enfants et petits-enfants.

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En mai 68, je sortais de la fac. J'étais volontiers anarchique et voyais donc d'un bon oeil les prémices d'une révolution étudiante dans un contexte où tout semblait figé. Mais lorsque j'ai vu, à Lyon, le vandalisme gratuit, la soif de casser pour rien, j'ai dû me rendre à l'évidence : derrière toute bonne idée, il y a l'exploitation des leaders qui en usent et en abusent. De plus, j'ai regretté très vite que le mouvement étudiant se laisse déborder par les syndicats ouvriers. Bref, je me suis mis à l'écart de tout ça et, de fait, tout est retombé dans l'habitude...

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J'étais à Montpellier à l'armée où, pendant un mois, nous avons été consignés à la caserne. En alerte 24 h sur 24, nous avons même failli nous faire taper dessus par des étudiants ! Alors qu'on était simplement là pour faire notre service militaire !

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Je n'ai jamais compris pourquoi il y a eu Mai 68. La société telle qu'elle était ne me déplaisait pas, en tout cas, les gens étaient plus respectueux qu'ils ne le sont maintenant, et il y avait du travail pour tout le monde.

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Quelques années après Mai 68, à l'heure des choix de la veille de l'âge adulte, je décidai de "monter" à Paris pour mes études, et je devins à mon tour étudiant, au Quartier latin justement. Marchant dans les rues et sur les boulevards qui avaient vu des jeunes faire face aux grenades lacrymogènes des forces de répression, je songeai souvent à la façon dont j'allais pouvoir faire moi aussi, un jour, mon propre "Mai 68", d'une façon ou d'une autre. D'ailleurs, je n'ai pas cessé de me tenir disponible pour ce jour-là, toujours à venir, où je pourrai me lever et braver l'autorité de mon père, cet homme dur et partisan de la manière forte, toujours. Je n'en ai pas contre lui, oh non ; il est décédé depuis longtemps maintenant, et il me reste une forme de compréhension pour ce qu'il représentait, et une forme de tendresse malgré tout, qui ne se dit pas entre vivants, en tout cas pas entre hommes réservés. Mais au-delà de sa personne, il y a le "vieux monde", avec lequel nous n'avons pas fini d'être aux prises, et qui n'en finit pas de vouloir revenir.Je me souviens maintenant, et pour le reste de ma vie, d'un slogan de 68 qui sonnait très juste, parmi les nombreuses fleurs poussées au grand soleil de mai : "Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi !"

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Au cours d'une manifestation dans une petite ville de province, j'ai vu une lavandière âgée qui avait quitté son travail (elle lavait le linge d'un "notable" à la rivière). Elle regardait passer les manifestants et en passant près d'elle, j'ai lu dans ses yeux l'espoir d'une vie enfin meilleure. Je n'ai jamais oublié ce regard.

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J'ai fait 32 jours de grève et je ne regrette rien parce qu'au bout de ce combat les résultats étaient positifs. Si c'était à refaire j'en ferais encore plus !

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Cela n'a rien à voir avec la politique, mais mon mari et moi nous nous sommes mariés le 07 mai 1968, alors que la France entière disait NON, nous, nous avons dit OUI !!

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J'étais gréviste (avec un salaire de 1 000 F/mois), l'ingénieur qui me dirigeait ne l'était pas (son salaire : 10 000 F/mois). Après l'application des accords de Grenelle, j'ai gagné 1.130 F/mois, l'ingénieur 11 300 F/mois. L'augmentation a été de 1 300 F/mois pour l'ingénieur, donc supérieure à la totalité de mon salaire mensuel (Société Ascinter-Otis). Sans commentaire.

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Un des assistants photographes de mon studio de prise de vue est parti "faire la révolution" en manifestant à la place de la République. Il est revenu 15 minutes plus tard car il n'avait pas trouvé de place pour attacher le Solex du studio !

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Nous nous battions pour ne pas devenir ce que nous sommes devenus.

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Je me souviens du blocage de la gare de l'Est, le 5 mai 68, auquel j'ai participé.Je me souviens avoir dormi, une nuit, au Georges V, gratos !Les filles draguaient, les garçons n'avaient qu'à se baisser. La beauté était une abstraction.

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J'habitais Nanterre, pas très loin de la Fac. Le soir, lorsque je rentrais avec ma fille de 2 ans que j'étais allée chercher à la crèche, ma 2 CV était arrêtée par les CRS qui vérifiaient que je ne transportais pas de pavés !

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J'étais cadre dans une entreprise en mai 1968 et je me suis retrouvé prisonnier pendant trois jours et trois nuits dans mon bureau, retenu par des employés d'une entreprise concurrente, sans téléphone, ni aucun contact possible avec ma famille. Mais j'ai le souvenir d'avoir été plutôt bien traité par des gens qui ne comprenaient pas le sens de la révolte et le but poursuivi par les syndicalistes, qui n'avaient aucun programme sinon le rejet systématique du capitalisme. Bref, j'ai été très surpris, au bout de trois jours, de pouvoir réintégrer mon domicile avec mon véhicule, qui n'avait subi aucun dommage. Notre travail a repris au bout de quelques jours, mais quel gâchis... C'est dans ces conditions que l'on s'aperçoit du manque de préparation et de convictions des syndicats français et de l'urgence à convaincre nos concitoyens d'imiter les syndicats allemands.A bon entendeur, salut.

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J'avais 19 ans, j'étais étudiante, pleine de vie et d'espoir, je manifestais avec mes longs cheveux... Je me suis fait prendre par les CRS qui, en représailles, ont coupé mes cheveux en faisant des mèches de toutes les longueurs. J'ai dû tout couper court pour être sortable, mais que de souvenirs ! Et pourquoi cette union sacrée n'est plus possible, alors qu'à ce jour nous avons mille fois plus de raisons qu'en 68 ?

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Nous étions quatre de classes prépa au lycée Saint-Louis à regarder le défilé "de l'extérieur", c'est à dire enfermés à l'intérieur et à travers la grille. Trois jeunes Anglaises se mettent en retrait sous le porche parce qu'elles commencent à avoir un peu peur et nous commençons à bavarder gentiment.Tout à coup, les CRS chargent. Les trois Anglaises se blottissent de plus belle sous le porche, jusqu'à ce qu'un CRS les y voit et leur balance une grenade lacrymogène avant de les embarquer.Le soir, à la télévision, nous apprenons que la police a arrêté "des meneurs étrangers" dans la manifestation !

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Début Mai 68, alors que je rentrais d'une manifestation à Martigues après avoir crié "Pompidou des sous", une surprise m'attendait au domicile parental. Ma mère me tendit... ma feuille de route pour le service militaire ! (...) Finis les cheveux longs et les manifs ! Je montais la garde, avec une mitraillette sans munitions. Ma mission : empêcher de laisser rentrer les grévistes dans le centre... Heureusement, personne n'a tenté de pénétrer dans l'enceinte militaire. Je n'aurais empêché personne de rentrer ni opposé aucune résistance !

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En mai 1968, j'ai aussi couru devant les CRS, respiré des gaz dont on ne sait toujours pas ce qu'ils étaient. J'étais enceinte. Ma fille, 35 ans plus tard, est opérée pour des problèmes pulmonaires !!Mon oncle, de 6 ans mon aîné, est décédé pendant ces jours chauds. Un éclat de grenade dans la poitrine. Son corps a été déposé à l'hôpital Cochin. Son nom a été prononcé à quelques reprises dans les bulletins d'information à l'époque, les flashs. Puis, plus aucune nouvelle ! Disparu des bulletins ! Comme les autres qui sont décédés ou qui ont disparus à cette époque. Qui dira que les familles ont reçu de substantielles sommes pour ne rien ébruiter, pour taire leurs morts et les enterrer dans une discrétion proche du déni, avec les conséquences psychologiques qui en découlent ?J'ai pleuré mon oncle, mon "grand frère" : nous avions six ans de différence et nous avions grandi ensemble dans la maison de la famille. Il s'appelait Philippe. Qui s'en souvient, parmi tous ceux qui discutent, disputent, débattent de cette période ?Les effets de Mai 68 ne sont pas seulement ceux que l'on nous présente.

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Je n'étais heureusement pas présent. Mais pourquoi donc vous sentez-vous le besoin de ressasser cette triste période pour la France ?Voulez-vous donc qu'il y en ait d'autres qui en tirent des idées pour à nouveau tout casser?Quand je pense qu'on disait "il est interdit d'interdire" !!!Je suis écoeuré !

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Ce qui m'est resté de manière très nette de cette période de Mai 68, c'est la prise de conscience que le peuple pouvait s'exprimer autrement que par la voix du général de Gaulle en noir et blanc à la télé et que les dirigeants n'avaient pas forcément raison. C'est aussi la découverte que mes parents étaient vraiment des ringards...

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J'étais vendeur pour Citroën, père de famille depuis février 68, payé à la commission (70 heures par semaine), quand cette équipe de jean-foutre, aujourd'hui hauts fonctionnaires, a pourri Paris. On "chassait" les pompes à essence pour travailler, et cette période m'a poussé à m'expatrier en Afrique/R.C.I, où le bolchevisme ne sévissait pas et où le travail était bien rémunéré. Après, la France est devenue un joyeux pays de presque non-droit. Je hais les petits "con-bandit" "sauvage-haut" et" geis qui me fait pas marrer du tout". Tous planqués !

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J'étais secrétaire dans une agence immobilière à Vincennes et j'habitai Champigny. Mon patron et les deux négociateurs se relayaient pour venir me chercher et me ramener, l'un d'eux était célibataire (40 ans), moi aussi (27 ans). Finalement, c'est lui qui se dévouait le plus souvent, nous avons eu de longues conversations en dehors du travail, nous nous sommes aperçus que nous avions beaucoup de points communs, notre amour s'est concrétisé au mois de juin 68, et nous ne sommes plus quittés : mariage en 70, 4 filles... Notre union a duré pendant 39 ans, jusqu'à son décès en août dernierLes événements ont facilité le déclenchement de notre histoire. Merci aux étudiants.

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J'étais étudiante à Paris. Je me souviens avoir passé mes examens après une nuit de barricade, un mouchoir sur le nez pour ne pas étouffer à cause des relents de bombes lacrymogènes. Je me souviens également d'une anecdote très drôle, je remontais le boulevard Saint-Michel après avoir dû évacuer l'école, et j'avais à la main ma sténotype (j'apprenais la sténotypie à l'école). Un CRS l'a ouverte et, voyant le rouleau de papier avec les signes qui le recouvraient, me l'a pris et l'a déroulé sur au moins 20 m de long ! Avec une camarade, nous sommes partis dans un fou rire, et nous nous sommes retrouvées au poste comme de dangereuses extrémistes !

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En 1968, mon cousin faisait partie des manifestants. Sans rien dire, mon oncle, qui avait les moyens, envoya son fils chez un couple d'amis de Slovaquie en spécifiant bien : "Vous le faites vivre comme vous vivez, rien de plus". La nourriture ? Chou, poivron, concombre et rien d'autre. A son retour, l'enfant ne manifestait plus, il se mit au travail, étudia, puis passa ses diplômes pour devenir kiné ostéopathe. Il comprit qu'on était pas si mal que ça en France...

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J'ai vécu 68 en Italie et j'en suis fier, j'ai vécu aussi 77 et cette fois-là, c'était avec les femmes aussi à mon côté. 1968-1977, c'est une façon de désirer qui n'entrera jamais dans l'Histoire car elle fait l'Histoire en la mettant en question ! Toujours debout, acteurs responsables, rêveurs, vivants, jusqu'au dernier souffle !Nous laissons un bon héritage, le meilleur : le désir !

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Il est interdit d'interdire... Non, pas d'accord : regardez les mômes qui agressent, blessent et violent le droit sacré des enseignants. La violence ce n'est pas mon truc. En mai 68, je n'ai pas eu de salaire, rien à manger et j'étais enceinte par-dessus le marché ! Mai 68 a rendu la France trop permissive... et moi, fille de militant de gauche, je ne l'ai toujours pas digéré. De Gaulle avait un grand impact en France et dans le monde. Plus jamais nous ne trouverons un tel homme pour nous gouverner. Vendredi sur France 2, il y avait un débat fort intéressant et les hommes de ma génération pensaient comme moi. Les jeunes veulent tout, tout de suite et de moins en moins travailler. A cette époque, le travail était sacré et je n'ai jamais fait 35 h, plutôt de 48 à 60 par semaine pour y arriver et élever mes 3 enfants, qui maintenant ont des situations plus qu'enviables. 68, c'est l'année de la bêtise et de la famine intellectuelle...

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Mai 68, j'y étais, dans le nord, les mines... Et aujourd'hui on doit recommencer car on se moque de nous, on nous prend pour des imbéciles, je rêve d'un autre mai 68 pour virer tous les bons à rien qui nous gouvernent.Vive mai 2008, qu'on arrête de nous prendre pour de la merde !

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Un témoignage sur Mai 68 ? Je me souviens des affrontements dans une rue de Toulouse, les CRS d'un côté, les étudiants de l'autre... J'avais 25 ans.Mais je n'ai aucune envie de cette pseudo commémoration nostalgique ! Aucune envie d'entendre ou de lire ces anciens combattants qui, soit-disant parce qu'ils ont jeté un ou deux pavés, veulent nous faire croire qu'ils étaient le Che... Tous ces babas, bobos, et autres gling-gling qui n'ont pas cessé de violer depuis ce qui n'était même pas pour eux un rêve de jeunesse...Ceux qui, comme moi, resteront toujours des vrais idéalistes ont aujourd'hui envie de se taire avec pudeur.Pourquoi vous faites-vous complices de ces m'as-tu-vu qui paradent tels des paons devant une jeunesse actuelle qu'ils ont si égoïstement abandonnée ? Eux, ces repus de l'aisance qui n'ont eu que la chance d'être jeunes au meilleur moment des Trente Glorieuses...

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Je suis venue de province passer un cours qui se déroulait le 12 mai. Mon beau-frère est venu me chercher gare d'Austerlitz en voiture et a voulu "me mettre dans l'ambiance", comme il disait ! Plein de manifestants ont grimpé sur le toit et le capot et nous nous sommes demandé combien de temps cela allait durer. Puis ils sont descendus, se sont mis de chaque côté du véhicule et nous ont fait le coup du tangage, j'ai eu peur que la voiture se renverse sur le côté, de la fumée sortait des bouches du métro et les pavés volaient bas. J'ai alors eu là une vision de Mai 68 car là où j'habitais, nous en entendions parler mais il ne se passait pas grand-chose, de plus nous n'avions pas la télé.

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Je venais juste de m'installer petit patron à Paris, dans le XVIIIe arrondissement, avec des dettes. Mon unique souci était de travailler et non de brailler, pour pouvoir rembourser le banquier et trouver de l'essence. Donc je slalomais entre les manifs, j'allais livrer à pied ou à vélo... J'ai travaillé tous les jours, malgré les barrages...Puis-je ajouter que personne n'a rien compris à ce mouvement ? Ni à l'époque, ni maintenant !! Toutes les explications sont données a posteriori, à grand renfort d'arguments, plus ou moins fondés...De temps en temps, il faut bien mettre la pagaille à défaut de guerre réelle !

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Avant Mai 68, on avait un franc français pour un franc suisse, après les accords de "Grenelle" les syndicats ont obtenu de très fortes augmentations de salaire, mais savez-vous combien de temps il a fallu à l'Etat et au patronat pour les récupérer avec l'inflation ? Huit mois !En 1999, pour obtenir un franc suisse, il nous fallait débourser 4,35 francs français...

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