Au cœur de tous les débats, et de tout un pan des contestations actuelles, la retraite fait couler beaucoup d’encre. Pour certains économistes, elle relèverait d’ailleurs plus du privilège que du droit…

La retraite est-elle un droit où un privilège ?

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le niveau de vie des retraités n’a eu de cesse de baisser. Et pour cause : le président de la République entend mener une politique en faveur de l’emploi, des entreprises et du pouvoir d’achat des ménages. C’est pour cette raison que l’exécutif a décidé la hausse d’1,7 point de CSG qui concerne près de 9 millions de retraités selon l’Humanité. Sans surprise, nombre de ces anciens électeurs du chef de l’Etat ont fait état de leur mécontentement : ils évoquent la baisse de leur pouvoir d’achat mais aussi la réforme des retraites.

Tant et si bien que certains économistes, comme Yves Montenay remettent en question le caractère même de la retraite : est-elle un droit ? Un privilège ? Pour l’expert, la réponse est toute trouvée. "Toute retraite est une rente, en ce qu’elle est prélevée sur la production d’aujourd’hui du fait d’un privilège", écrit-t-il dans les colonnes de Contrepoint. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l’Epargne, est plus nuancé. "La réponse me paraît plus subtil", commence-t-il au micro de Planet. "La retraite est régulièrement décrite comme un droit, ce qu’elle n’est effectivement pas d’un point de vue juridique. Parler de droit relève d’ailleurs de la construction sémantique. Pour autant, je ne parlerais pas nécessairement de privilège", juge-t-il.

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"Sur le plan économique, la retraite est souvent justifiée parce qu’à partir d’un certain âge la productivité d’un salarié n’est pas suffisante pour le maintenir à son poste. Sur le plan social, en revanche, elle représente  ce revenu de compensation auquel les années de travail donnerait droit", poursuit Philippe Crevel, qui tient toutefois à rappeler que compte tenu du système français, "les choses ne fonctionnent pas ainsi". A ses yeux, plus que de privilège ou de droit, il faudrait parler de contrat. "Il s’agit d’un contrat qui se transmet de génération en génération. Dans un système de retraite par répartition, comme c’est le cas en France, les actifs ne cotisent pas pour leur propre retraite : ils cotisent pour la retraite de leurs aînés. Ce faisant, leur travail ne leur fournit pas de garantie particulière", estime le spécialiste.

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