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"Je ne suis pas un déçu du sarkozysme, je suis déçu pour l'école"

 

En décembre 2010 sur LCI, vous déclariez soutenir Martine Aubry pour la primaire socialiste. Vous disiez : "elle a les capacités, la force de caractère" pour gagner en 2012. Est-ce toujours d’actualité ?

J’ai toujours pensé que Martine Aubry avait de très grandes qualités. C’est la raison pour laquelle je l’ai soutenue au moment du Congrès de Reims, et je me suis engagé auprès d’elle pour qu’elle devienne Premier secrétaire du Parti socialiste.

A présent, le débat est ouvert entre les différents candidats, disons que je souhaite me prononcer sur les questions de fond, plus que sur les questions de personnes. Quand Martine Aubry a annoncé à Avignon, en juillet dernier, qu’elle augmenterait le budget de la culture, j’ai dit : « bravo ». Et à l’époque certains candidats l’ont plus ou moins taclée. Et quand Hollande propose un plan pluriannuel de création d’emploi pour l’Education nationale, je dis aussi « bravo » ! Et malheureusement certains camarades n’appuient pas cette idée, ce que je déplore. S’il apparaît que tel ou tel candidat est plus proche des idées que j'approuve éventuellement je le soutiendrai.

En introduction de votre livre, vous expliquez que vous croyiez, au moment de l’investiture de Nicolas Sarkozy, qu’il pourrait devenir le « protecteur de l’école de la République ». Vous confessez même avoir « rêvé » d’un Président d’un nouveau style, inventant une nouvelle droite. Seriez-vous un déçu du sarkozysme ?

Déçu ce n’est pas le mot ! Comme je l’explique dans mon livre, je place l’école au-dessus de tout. S’il advient qu’un gouvernement qui n’est pas de ma sensibilité œuvre pour l’école, je n’aurais pas de raison de m’en plaindre. Et dans le passé, il y a eu quelques ministres de droite qui ont fait du bon travail ! Je pense que quand on s’intéresse à l’école, le premier des devoirs c’est un minimum de rigueur intellectuelle. J’ai donc en effet (quelques semaines, ça n’a pas duré longtemps !) espéré qu’à contre-courant de sa famille politique il allait faire quelque chose. Bon, je ne suis pas un déçu du sarkozysme, je suis déçu pour l’école

Dans votre titre, vous parlez de « vandalisme d’Etat ». Pensez-vous qu’il s’étende à toute l’action de Nicolas Sarkozy en tant que Président de la République ?

Si, mais mon livre portait sur l’école, mais malheureusement, cette même politique s’est attaquée aux hôpitaux, comme à d’autres services publics ! Mais pour l’école, le saccage a été beaucoup plus sauvage. Ce n’est pas que je m’intéresse pas autres sujets, mais l’école est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

Accepteriez-vous un ministère si la gauche passait en 2012 ? Si oui, lequel ?

L’ancien président américain, Franklin Roosevelt, disait souvent : « je ne réponds pas aux ‘if questions’ ». Je ne suis pas dans cet état d’esprit : je souhaite réellement que la gauche gagne, et en particulier que ce soit une gauche de combat, d’imagination et d’action. Je ne voudrais pas que ce soit une gauche pépère. C’est moins mal qu’une droite brutale, mais quand même on peut espérer mieux ! En ce moment, globalement je trouve que les discours sont un peu trop sages et précautionneux. J’aimerais qu’on apporte dans le débat un peu plus d’élan et d’imagination. En écrivant ce livre, j’apporte ma contribution. Et quand le candidat sera choisi, j’apporterai mon concours s’il le souhaite, contre la majorité sortante. Le candidat sera un bon candidat !

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