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"La création de 16 000 à 18 000 postes par an est un minimum"

Nicolas Sarkozy souhaite que les mineurs délinquants soient encadrés par des militaires. Or, en mai 1992 vous aviez mis en place une coopération éducation-police pour lutter contre les violences. Est-ce comparable à l’idée de M. Sarkozy ?

Ça n’a rien à voir ! En effet, j’ai été le premier des ministres de l’Education nationale à prendre des mesures contre la violence à l’école où elle sévissait. Ça a d’ailleurs beaucoup étonné à l’époque, un nouveau ministre de gauche qui s’attaquait à ce sujet. Je considère que l’école doit être un sanctuaire, un oasis de paix et de respect. On avait organisé une coopération entre les ministères de l’Education nationale, de la Défense et de l’Intérieur, et j’avais donc fait appel à 10 000 ou 12 000 jeunes du contingent, à des stagiaires de la police. 

 

Cela a-t-il été efficace?

Ce fut très efficace, mais l’idée était plutôt préventive, et je crois que si j’étais resté j’aurais maintenu ces mesures. J’ai repris en 2000 une série d’autres mesures. Ce n’étaient plus les jeunes du contingent qui avaient disparu, mais des aides éducateurs, et il y avait eu des mesures de liaison entre les ministères, la campagne sur le respect, la création d’un baromètre national afin de dresser un état de la situation par établissement. En deux ans, les actes de violence ont reflué.

Dans une interview au Parisien parue mardi 13 septembre, vous défendez le projet de François Hollande pour l’Education, une « priorité absolue » selon vous. L’ancien Premier secrétaire a dit dimanche sur Canal+ « je n'embaucherai pas de fonctionnaires dans d'autres administrations. » N’est-ce pas excessif ?

Il y a une règle qui réunit l’accord de tous les socialistes, c’est l’abolition de la règle de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. A partir de là, il sera possible de recruter moins de fonctionnaires dans une administration que dans d’autres, notamment dans la Sécurité et l’Education, bien sûr. François Hollande s’est mal exprimé à mon avis, et a voulu dire qu’il ne créerait pas de postes nouveaux.

Pouvez-vous nous expliquer ce qui vous convainc dans les propositions de François Hollande ?

Hollande reprend l’idée d’un plan pluriannuel de création d’emploi et de recrutement, tout simplement pour faire revenir les jeunes qui s’en détournent aujourd’hui ! Le gouvernement a tellement dégoûté les étudiants, qu’il y a des CAPES pour lesquels il n’y a quasiment plus de candidats ! Il faut faire éclore de nouveaux talents, et de nouvelles vocations, et un plan pluriannuel par lequel l’Etat s’engage clairement à faire une priorité absolue de l’école en cinq ans (ou moins) aura un effet un d’entraînement. Evidemment, ça ne résout pas la question de l’architecture de l’école, mais la création en moyenne de 16 000 à 18 000 postes par an est un minimum sans lequel on ne peut pas avancer.

Beaucoup ont rappelé que François Hollande parlait en avril dernier de "sanctuariser le nombre de fonctionnaires dans l'éducation » dès 2012. Pensez-vous que ce soit une volte-face ?

Il n’a pas changé d’avis ! « Sanctuariser » ça veut dire « protéger » dans mon esprit. C’est une dispute de technocrates, j’ai entendu ce débat ! Il s’agit d’épargner, de faire échapper ce ministère à la purge qui lui est infligée depuis cinq ans. Mais il y a différentes manières de sanctuariser. On peut le faire en n’infligeant aucune réduction ou suppression de poste, et on peut le faire aussi en améliorant l’encadrement. Donc à mes yeux, je ne le vois pas comme une contradiction.

 

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