Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen créait la surprise en propulsant le FN au second tour de l'élection présidentielle, provoquant un émoi national. Quinze ans plus tard, tout ou presque a changé...
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Les sondages annonçaient tous Marine Le Pen au second tour

EN 2002, Jean-Marie Le Pen créait la surprise en se qualifiant pour le second tour de l'élection présidentielle, une première pour le FN. En éliminant le candidat socialiste avec à peine 200 000 voix de plus, le candidat frontiste avait fait sensation.

Aujourd'hui, l'arrivée au second tour de sa fille n'a quasiment pas fait de vagues. Il faut dire que tous les sondages précédents le premier tour la donnaient soit en tête, soit à la deuxième place. Dimanche soir, de nombreux Français n'ont donc pas été surpris de la voir qualifiée pour le second tour. Pour rappel, les derniers sondages en 2002 (voir ci-dessus) donnaient tous Jean-Marie Le Pen en troisième position, d'où une certaine surprise le soir du 21 avril. 

Des consignes de vote contradictoires

Contrairement à 2002, les consignes de vote n'ont pas été univoques. Si Les Républicains ont appelé à voter pour Emmanuel Macron, des voix discordantes se sont fait entendre : Henri Guaino a refusé cette consigne tout comme Georges Fenech et Nadine Morano et Christine Boutin a même appelé à voter Marine Le Pen.

A l'extrême gauche, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ont appelé à ne pas voter Marine Le Pen mais n'ont pas appelé à voter pour autant pour Emmanuel Macron. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a annoncé qu'il ne donnait pas de consigne de vote à titre personnel. En revanche, le PS a clairement appelé à voter pour le fondateur d'"En Marche !". 

Aucune manifestation d'envergure

En 2002, ils étaient des centaines de milliers de citoyens à être descendus dans la rue après l'annonce des résultats. Dimanche soir, le contraste était saisissant : quelques centaines de militants "antifascistes" place de la Bastille qui jouaient au chat et à la souris avec les CRS. "Ni Le Pen ni Macron, dès ce soir c’est la révolution", tel était leur slogan.

Des soutiens pour le Front national

Contrairement à 2002 où Jean-Marie Le Pen était bien seul, sa fille peut compter cette fois-ci sur quelques soutiens : Christine Boutin, qui a annoncé voter Marine Le Pen contre Emmanuel Macron et qui a dit vouloir mobiliser les électeurs de droite pour elle, des élus Les Républicains avec qui Marine Le Pen dit être en contact, et peut-être Nicolas Dupont-Aignan, qui hésiterait à se prononcer pour elle selon Le Figaro.

Le "Front républicain" ne fonctionne plus

En 2002, dès l'annonce des résultats, l'annonce d'un "Front républicain" était sur toutes les bouches pour contrer le candidat du FN. Aujourd'hui, ce même "Front républicain" est attaqué par les adversaires mêmes de Marine Le Pen.

Ainsi, Rachida Dati a estimé mardi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, que le Front républicain était devenu "obsolète" car il n'a pas su, selon elle, enrayer la progression du vote FN en France depuis 2002. Fait marquant également, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'appeler à voter pour Emmanuel Macron, adversaire de Marine le Pen, enterrant ainsi un peu plus l'idée de "Front républicain".

Macron doit faire campagne contrairement à Chirac

En 2002, Jacques Chirac n'avait quasiment pas fait de campagne d'entre-deux-tours, assuré (par les sondages  notamment) de l'emporter au second tour. Il faut dire que le candidat de la droite avait profité des nombreux ralliements et manifestations dans la rue pour engranger des votes. L'ancien président avait même refusé la tenue d'un débat avec Jean-Marie Le Pen.

Quinze ans plus tard, la situation a changé puisqu'un débat télévisé aura bien lieu. Il faut dire que contrairement à Jacques Chirac, Emmanuel Macron est lui obligé de faire campagne. Selon les sondages, il l'emporterait au second tour certes, mais avec "seulement" 60 % des suffrages, loin des 80 % qu'avaient recueillis Jacques Chirac en 2002. 

La Licra se positionne pour la première fois

Pour la première fois de son histoire, la Licra a fait le choix de soutenir un candidat à la présidentielle ; il s'agit d'Emmanuel Macron. L'association antiraciste, créée il y a 90 ans, a fait savoir par la voix de son président, Alain Jakubowicz : "Nous appelons à voter pour Emmanuel Macron et nous sommes à la disposition de ses équipes pour lui apporter notre savoir-faire, nos connaissances".

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