Depuis longtemps un argument du FN pour moquer les liens putatifs entre la gauche et la droite, le concept est en passe d'être assumé par les principaux protagonistes.
AFP

C’était devenu un gimmick dans la bouche du Front national, même un argument de campagne. L’"UMPS", contraction de "UMP" et "PS" comme pour mieux les renvoyer dos à dos, devenu avec le changement de nom du parti de droite "LRPS" (qui se dit l’herpès…), n’était semble-t-il pas un fantasme du parti frontiste.

En effet, depuis quelques jours, des voix se font entendre à droite et à gauche pour appeler à un changement de paradigme politique suite au score important du FN aux élections régionales. Et pour certains, cela passe par une large coalition.

"Peu de différences entre Macron et Juppé"

Dernier en date, Pierre Moscovici, commissaire européen et ancien ministre socialiste, au micro de France Info et dans Les Echos ce mercredi matin. Pour lui, le fait que Les Républicains aient gagné dans le Nord et en PACA grâce aux voix socialistes montre que les électeurs veulent voir les partis travailler ensemble. La gauche et la droite doivent envisager de voter ensemble, voire de former une coalition, notamment en cas de résultat élevé du FN en 2017, a-t-il estimé.

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Invité sur France 2 à réagir aux propos de Pierre Moscovici, le centriste Hervé Morin a tenu à rappeler que "le clivage gauche-droite est totalement pertinent, et on n'attend pas une espèce de formation molle du centre. (...) Une coalition, ce n'est pas l'UMPS." Mais il a quand même concédé qu’il y a "peu de différences entre Emmanuel Macron et Alain Juppé ou entre Macron et l’UDI". Dès le soir du second tour, le centriste Jean-Pierre Raffarin avait appelé sur BFMtv/RMC à "travailler avec le gouvernement car le Front national est un adversaire commun", et qu’il fallait prolonger "le Front républicain" par l’action.

Valls à des députés LR : "Un jour, on sera dans le même groupe"

Dans Le Parisien de mardi, repris par Le Lab, on apprenait également que le Premier ministre, Manuel Valls, aurait dit à des députés Les Républicains : "Un jour, on sera dans le même groupe." "On était beaucoup à penser qu'on avait devant nous un Premier ministre issu de nos rangs.", confiait même au quotidien un député proche d'Alain Juppé et Xavier Bertrand.

"Marine Le Pen avait raison, l’UMPS existe, elle l’a vu de près, il lui est même passé sur le corps. Non seulement l'UMPS existe, mais il gagne. Et il gagne toujours.", a déclaré mardi le journaliste et polémiste Eric Zemmour sur RTL, en réaction aux résultats des régionales et à la stratégie du Front Républicain.

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