Un documentaire diffusé ce jeudi soir sur France 3 révèle les coulisses de la relation politique entre les deux hommes. De la lune de miel à la guerre ouverte, découvrez les secrets de leur liaison.

Dans le documentaire d’Antoine Vitkine, qui en a déjà réalisé deux sur Kadhafi, une chose retient l’attention : l’ombre de Kadhafi n’a jamais cessé de planer sur la présidence de Nicolas Sarkozy.

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Petit résumé des cinq choses que vous ignorez sans doute sur cette histoire qui mêle amitié, trahison, et lutte mortifère.

"Monsieur le Guide"

Le jour de sa victoire à la présidentielle, le 28 mai de 2007, Nicolas Sarkozy reçoit un coup de fil de Mouammar Kadhafi qui tient à la féliciter. Dans cet entretien téléphonique, l’actuel président de l’UMP se dit "enchanté" de parler à celui qui "mérite amplement le titre de Guide". En réponse, le dictateur libyen se dit "rassuré d’avoir, avec (lui), un ami en Europe". "Oui, monsieur le Guide. J’espère vous voir en France ou pouvoir me rendre en Libye", rétorque Nicolas Sarkozy

Sarkozy à la manœuvre

Alors que cinq infirmières bulgares sont accusées de plusieurs crimes et incarcérées à Tripoli, depuis plusieurs années, Nicolas Sarkozy manœuvre en privé pour obtenir leur libération et un bon coup médiatique. Le président joue lui-même le négociateur auprès du dictateur libyen en lui promettant, en retour, une chose qu’il sait lui être indispensable : une visite officielle dans un grand pays européen maintenant qu’il n’est plus un paria. Dans la nuit du 22 juillet 2007, le deal est scellé et 48 heures plus tard, les infirmières sont libérées.

Le jeu de dupe

Trois jours plus tard, Nicolas Sarkozy part rencontrer son homologue libyen dans ce qui convient d’appeler une journée de dupe. D’un côté, le président français tente de convaincre Mouammar Kadhafi du bien-fondé de son projet d’Union de la Méditerranée. De l’autre, le dictateur libyen fait part de sa vision de l’Afrique qu’il considère comme son pré-carré. La visite se termine avec le sentiment pour les deux hommes d’avoir fait prévaloir ses opinions à l’autre, alors qu’il n’en est rien.

La visite et le scandale

En cette fin d’année 2007, Mouammar Kadhafi est reçu officiellement par la France. Et, première dans les annales de l’Élysée, le dictateur libyen est autorisé à planter sa tente dans une annexe du palais présidentiel. « Ils ont accepté toutes nos demandes », se réjouit Ahmed Kadhaf El Dam, l’ancien conseiller de Kadhafi. Une réception pompeuse qui défraiera la chronique (tapis rouge, dîner fastueux, réception à l’Assemblée nationale, privatisation de Versailles…). Dans le protocole, les visites d’État durent maximum trois jours : le colonel libyen réussira auprès de Nicolas Sarkozy à en obtenir trois de plus…

La vengeance

Mais la lune de miel a vite tourné court. Les deux hommes se brouillent pour des raisons d’ambitions différentes – Kadhafi ne digérant pas le leadership de son homologue français en Afrique via l’Union pour la Méditerranée – et Nicolas Sarkozy laisse tomber le dictateur avant de le « retrouver », en 2011. C’est le début des révolutions "du printemps arabe", et le président tourne casaque : "Kadhafi doit partir !". Il ira même jusqu’à reconnaître le CNT (Conseil National de Transition), ce qui équivaut de facto à destituer Kadhafi. Ce dernier, selon une proche, a été "stupéfait" de l’ingérence de Sarkozy qu’il traita de "crétin !".

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Pire que cette insulte, le dictateur déclare à la télévision : "Je suis vraiment en colère. C’est moi qui ai aidé Sarkozy à prendre le pouvoir. Je lui ai donné l’argent avant qu’il ne devienne président. Il est venu dans ma tente quand il était ministre de l’Intérieur pour me demander de l’aide."

Une déclaration, appuyée par d’anciens affairistes et caciques du régime libyen, qui sera le point de départ de l’affaire politico-financière dite "Sarkozy-Kadhafi".

Vidéo sur le même thème : Affaire Sarkozy-Kadhafi: Le document accusant l'ancien président serait un faux

 


mots-clés : Nicolas sarkozy, Kadhafi

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