Sarkozy en garde à vue : "S’il ne se présente pas au congrès de novembre, c’est fini pour lui"©AFPAFP
Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce mardi matin à la Direction centre de la police judiciaire à Nanterre (Hauts-de-Seine). Une première pour un ancien président de la République qui pourrait bien compromettre l’éventuel retour du champion de la droite. Interview de Patrice Machuret, journaliste politique sur France 3.

© AFP

Planet : Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue ce mardi matin. Une première pour un ancien chef d’Etat…

Patrice Machuret*: "C’est un vrai coup dur pour lui. Certes, Nicolas Sarkozy a déjà été entendu comme témoin assisté à Bordeaux dans l’affaire Bettencourt, mais jamais il n’a été placé en garde à vue. Aucun ancien président de la Ve République ne l’a d’ailleurs jamais été. Là, on monte véritablement d’un cran. Une fois encore, Nicolas Sarkozy inaugure quelque chose de nouveau… Et même si au final il ne se passe rien, à l’instar de l’affaire Bettencourt où il a bénéficié d’un non-lieu, tout ceci restera très mauvais pour lui en termes d’image.

Publicité
Publicité

Planet : Son retour dans l’arène politique est-il toujours envisageable ?

Patrice Machuret : Si l’instruction va à son terme et que Nicolas Sarkozy est condamné pour trafic d’influence, il sera inéligible pendant au moins 5 ans. Cela représentera donc un barrage technique. Mais comme les procédures sont généralement longues, entre-temps il pourra très certainement se présenter au congrès de l’UMP prévu en novembre prochain. C’est même ce qu’il a de mieux à faire car, en cas de victoire, il serait ensuite mieux protégé à l’Elysée que derrière son bureau de la rue de Miromesnil... Et même si la prochaine élection présidentielle est encore loin, s’il ne se présente pas au prochain congrès, c’est fini pour lui. Il est très difficile de se présenter en dehors d’un parti, notamment en termes de financement.

Planet : Nicolas Sarkozy a-t-il encore des soutiens au sein de son camp ?

Patrice Machuret : Ses 'Amis' sont toujours là. En revanche du côté des militants, la donne a peut-être changé. Hier, Nicolas Sarkozy était sûr d’être réélu s’il se présentait. Aujourd’hui, c’est moins certain. Les prochains sondages le confirmeront ou pas mais il me semble que les militants sarkozystes en ont ras-le-bol de le voir lui, ses amis ou ses proches rythmer l’actualité politico-judiciaire chaque semaine. Ils doivent aussi commencer à se demander si de nouvelles affaires ne vont pas viser l’ex-président dans quelques temps et, peut-être même à douter de lui comme étant le bon cheval sur lequel parier. D’autant que d’autres ténors pourraient s’avérer être de bons candidats et donc, de redoutables adversaires pour Nicolas Sarkozy. Je pense par exemple à Bruno Le Maire, François Fillon, Alain Juppé et Xavier Bertrand".

*Patrice Machuret est l’auteur de Nicolas Sarkozy, sa vie après l’Elysée (éd. L’Archipel)

Vidéo sur le même thème : L'arrivée de Nicolas Sarkozy en garde à vue