"RT" et "Sputnik" : qui sont les médias russes dans le viseur de Macron ?
Lors d'un point presse au château de Versailles lundi, et devant Vladimir Poutine, Emmanuel Macron n'a pas hésité à critiquer deux médias russes. Il les accuse de faire de la propagande au service de Moscou. 

Lundi, Emmanuel Macron rencontrait pour la première fois le président russe Vladimir Poutine, dans le cadre prestigieux du château de Versailles. Visiblement peu impressionné par les dirigeants de grandes puissances, le chef de l'Etat n'a pas hesité à critiquer deux médias russes devant un Vladimir Poutine impassible lors d'une conférence de presse.

"J’ai toujours eu des relations exemplaires avec les journalistes étrangers, encore faut-il qu’ils soient journalistes", a sèchement répliqué Emmanuel Macron à une journaliste russe qui lui demandait pourquoi il avait dénigré pendant sa campagne RT (anciennement Russia Today) et Sputnik, deux médias russes. "Quand des organes de presse répandent des contrevérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d'influence", a poursuivi le chef de l’État. "Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne qui, à plusieurs reprises, ont produit des contre-vérités sur ma personne et ma campagne, et j’ai considéré qu’ils n’avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général."

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La rédaction de "RT" a réagi aux accusations d'Emmanuel Macron

Le premier média, RT (ex-Russia Today), est une chaîne d'infos en continu qui émet en anglais, espagnol, arabe, et depuis début 2017 en français. Elle possède des bureaux à Paris, Londres, Washington, Tel Aviv et Moscou. Mais le média est directement financé par l'Etat russe. "E n décembre 2016, les députés russes ont donné leur accord pour une rallonge de 17,8 millions d'euros pour RT, portant à 274,1 millions d'euros son financement total pour 2017", indique LCI. Ce qui fait polémique, ce sont les sujets et les prises de positon de la chaîne, notamment de la part de ses intervenants, quasiment tous pro-russe. Lors de son lancement en 2005, le président russe Vladimir Poutine avait assigné à la chaîne la mission de "casser le monopole des médias anglo-saxons". 

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La rédactrice en chef de RT France, Xenia Fedorova, a réagi aux accusations d'Emmanuel Macron : "Le site de RT France est facilement accessible à tous et n’importe qui peut vérifier qu’aucun des articles qui traitent d’Emmanuel Macron ne peut permettre de dire que nous faisons de la propagande." Quant à Margarita Simonyan, rédactrice en chef de RT, elle a répliqué : "Il se trouve que, malgré les nombreuses invectives adressées durant la campagne présidentielle, jusqu’à aujourd’hui, pas un seul exemple, pas une seule preuve que RT ait diffusé des fausses informations à propos d’Emmanuel Macron n’a été présentée. Ni par son équipe, ni par les grands médias qui ont aveuglément diffusé les accusations de l’équipe d’Emmanuel Macron contre RT".

Sputnik, "un fournisseur d'informations alternatives"

De son côté, Sputnik est spécialisé dans la radio et sur Internet. Sur son site internet, le média russe se présente comme un site qui "dévoile ce dont les autres ne parlent pas" et "se positionne comme un fournisseur d'informations alternatives et comme un diffuseur radio." Le média, qui est présent dans 34 pays, a été créé en novembre 2014 à partir des réseaux de l’agence de presse Ria-Novosti et de la radio La Voix de la Russie, réunies au sein de l’agence Rossia Segodnia – propriétaire de la chaîne de télévision Russia Today. "D’abord alimentée de Moscou, la version française est gérée depuis fin 2015 par une rédaction parisienne. En l’espace de deux ans, le média est monté en puissance sur les réseaux sociaux", indique LCI

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