Revenu universel et 49-3, quand la gauche perd ses valeurs

Nous sommes aujourd’hui à quatre jours du premier tour de la primaire de la gauche qui permettra de désigner celui qui portera les espoirs socialistes lors de l’élection présidentielle d’avril prochain. De nombreux instituts de sondage enterrent déjà la gauche et le Parti Socialiste qui seraient distancés par Emmanuel Macron, François Fillon ou encore Marine Le Pen. Je crois, au contraire, que cette primaire est l’occasion d’entamer une dynamique qui accompagnera, en avril prochain, le candidat du PS au second tour de l’élection présidentielle puis sur le perron de l’Élysée.

Les sondeurs nous avaient promis Clinton, nous avons eu Trump, ils nous promettaient un Royaume-Uni dans l’Europe, nous avons hérité du Brexit. Ils nous promettaient Manuel Valls, nous avons désormais trois candidats au coude à coude et c’est bien cette incertitude qui fait de votre vote un élément déterminant de la désignation.

Vous le savez, j’ai décidé de soutenir Arnaud Montebourg et je réitère mon soutien aujourd’hui. J’estime qu’il est le seul candidat crédible de l’alternative à gauche. Son programme est le plus détaillé, le seul chiffré, et il contient des propositions innovantes et réfléchies qui permettront à la France et aux Français de tourner la page de ce quinquennat manqué. Voter pour Arnaud Montebourg, c’est soutenir la mutuelle publique à 10 euros, l’ouverture de dispensaires dans le désert médicaux ou le recrutement de 5 000 personnels dans les hôpitaux pour que les soins ne deviennent pas le privilège des plus aisés. Tandis que d’autres candidats accordent une confiance aveugle à l’Europe, Arnaud Montebourg souhaite renégocier les traités pour sortir de l’impasse budgétaire provoquée par l’austérité. Cela permettrait la création de 12 000 postes dans la police et la gendarmerie, la mise en place d’un grand plan de rénovation thermique pour les bâtiments à hauteur de 100 milliards d’euros ou la création d’un contrat d’activité pour permettre aux chômeurs de longue durée d’occuper une activité non rentable mais utile socialement.

Alors que certains nous offrent le spectacle de programmes artificiels et expérimentaux, celui d’Arnaud est cohérent et défend les valeurs auxquelles je suis attaché. Je ne crois pas que le travail soit en voie de disparition en France, je ne crois pas que les robots soient capables de remplacer les hommes, et je crois encore moins qu’un revenu universel vaille mieux qu’un salaire juste ! Sans même s’attarder sur la faisabilité d’un tel revenu, je crois qu’il est important de rappeler que la valeur travail est une valeur de gauche. Sarkozy aura voulu en prendre le monopole mais c’est bien Marx qui voyait dans le travail le moyen pour l’homme de s’accomplir et Jaurès qui défendait la société du travail face au capitalisme. Considérer la raréfaction du travail comme un état de fait est une erreur de jugement fondamentale, un contournement des problèmes actuels de notre pays où le nombre de chômeurs a atteint un niveau historique et une négation du désir de chacun de gagner dignement sa vie par son travail. Une vraie politique de gauche, c’est plutôt l’augmentation des salaires, la lutte contre le dumping social et la mondialisation qui mettent en concurrence des travailleurs français protégés par 200 ans de luttes sociales et des ouvriers chinois qui exercent dans des conditions proches de l’esclavage. Si les socialistes veulent peser dans cette élection présidentielle, ils doivent désigner un candidat qui incarne la vraie gauche tout en étant capable de proposer des solutions aux difficultés des Français. Pas un candidat qui bricole des idées à partir d’inventions d’économistes libéraux, mais plutôt un candidat qui défend les faibles face aux puissances, économiques ou étrangères, qu’on laisse agir depuis trop longtemps.

Mais être de gauche, ce n’est pas uniquement défendre le travail et sa juste rémunération. C’est aussi inclure le citoyen au processus de décision et respecter le pluralisme d’opinions à l’extérieur comme à l’intérieur de sa famille politique. Les Français se sont sentis trahis par l’utilisation répétée du 49-3 par un gouvernement de gauche qui souhaitait faire passer une réforme d’inspiration libérale. Ils veulent désormais que les gouvernements assument les réformes devant le peuple au sein d’une sixième République nouvellement crée. Mais ils ne sont pas dupes : comment croire un ancien premier ministre qui aura eu recours au 49-3 six fois lorsqu’il propose de le supprimer ? Comment croire un candidat socialiste qui aura pendant la quasi-totalité de son mandat au sein du gouvernement pratiqué une politique libérale lorsqu’il propose de porter les valeurs de la gauche ?

Non, les Français n’y croient plus. Ils aspirent au changement et à l’émergence d’une vraie gauche qui ne s’encombrent pas de concessions avec les puissants. Alors que Manuel Valls semble chaque jour s’éloigner de la victoire et que sa campagne piétine, les Français se tournent vers la gauche du Parti Socialiste. Après deux quinquennats manqués, les sortants n’y arrivent plus. Nicolas Sarkozy a été éliminé au premier tour de la primaire des Républicains, Cécile Duflot n’aura également pas su agréger autour de sa personne et François Hollande a été poussé vers la sortie par son impopularité aidée par son ex-Premier Ministre. De Londres à Washington, les pronostics et les certitudes ont été défaits, les peuples ont exprimés leur besoin d’alternatives, parfois en choisissant le populisme, mais toujours en rejetant ceux qui ont façonné le monde de ces dernières années. Il est temps pour la France de suivre le même chemin et de porter enfin un vrai candidat de gauche à l’Élysée. Les 22 et 29 janvier prochains, il faudra saisir la chance qui nous est offerte d’écrire l’Histoire et de désigner celui qui incarnera le mieux les valeurs de la gauche. Il faudra également désigner celui qui affrontera le libéralisme brutal de François Fillon, la démagogie xénophobe de Marine Le Pen, ou le social-libéralisme désuet d’Emmanuel Macron. Nous aurons alors besoin d’un homme capable d’incarner la fonction présidentielle et de défaire ces candidats dans un combat de longue haleine, et je suis foncièrement convaincu qu’il ne peut s’agir que d’Arnaud Montebourg.

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