Alors que l'année 2018 s'est terminée dans un climat tendu, Emmanuel Macron va devoir mener à bien de nombreux chantiers en 2019. Planet fait le point.
AFP

La réforme de l’assurance-chômage

Les gilets jaunes auront-ils réussi à faire ralentir le rythme des mesures ? La teneur des vœux d’Emmanuel Macron, le champ lexical et le ton utilisé, laissent à penser que c’est peu probable. Après le remplacement de l’ISF par l’IFI, la réforme du travail et de la SNCF, de nombreux chantiers, nouveaux ou inachevés, attendent le gouvernement et les Français. Certains plus explosifs que d’autres à l’instar de la réforme de l’assurance-chômage.

La première pierre a été posée ce 30 décembre 2018 dans un décret renforçant le contrôle des chomeurs et avec l’objectif assumé de traquer les fraudeurs. D’après les chiffres de Pôle Emploi, 8% des bénéficiaires de l’assurance-chômage ne cherchent pas activement un emploi.

Risquée, le gouvernement souhaite économiser entre 1 et 1,3 milliards d’euros par an grâce à cette réforme. Pour l’instant, elle est essentiellement discutée par les partenaires sociaux qui ont jusqu’à la fin du mois prochain pour mener à terme leurs discussions. Ces dernières se déroulent dans un climat tendu, les syndicats reprochant notamment aux organisations patronales des propositions provocatrices. Ces dernières, rapportent Les Echos, ont proposé de restreindre l’accès à l’indemnisation - qu’elle soit ouverte dès lors que 4 mois ont été travaillés sur 12, contre 28 actuellement - mais aussi l’alignement du versement des indemnités sur celui de l’acquisition des droits.

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Explications : Le montant serait le même mais sur une durée plus longue. Un travailleur qui a travaillé toute l’année précédant le chômage aura droit à 30 jours d’indemnisation par mois. En revanche, dans le cas où il n’aurait travaillé que six mois sur l’année, il n’aurait droit qu’à 15 jours d’indemnisation. Les organisations patronales suggèrent un plafond de 23 jours.

A elles deux, ces propositions permettraient des économies de 1,3 milliards d’euros. Les syndicats sont de leur côté vent debout et dénoncent un enfermement vers une seule solution : la réduction des droits des chômeurs.

"L’état d’esprit, c’est : 'des économies, des économies, des économies, sur le dos des demandeurs d’emploi. Je rappelle que nous avions accouché, assez difficilement, d’un accord en mars 2017, avec 800 millions d’économies. Donc 1,3 milliard d’économies par an, c’est beaucoup !", a notamment dénoncé Michel Beaugas de Force Ouvrière.

En cas d’échec des discussions, Matignon reprendra la main.