Rachida Dati ne fait pas l'objet d'une plainte, mais certains de ses émoluments pourraient être passés au crible. D'après les informations du Parisien, une enquête préliminaire portant sur ses liens avec Renault-Nissan vient d'être ouverte.
AFP

Rachida Dati et Renault-Nissan : la candidate à la mairie de Paris visée par une plainte ?

Le glas tombe en novembre 2018, quand Carlos Ghosn – P-DG de Renault – est arrêté au Japon. Il est soupçonné, entre autres, d’avoir dissimulé ses revenus au fisc. Dès lors, la justice nipponne s’empare de l’affaire dont certaines répliques impactent jusqu’en France. C’est en tout cas ce qu’avance Le Parisien qui rapporte l’ouverture d’une enquête préliminaire visant Rachida Dati et Alain Bauer. La première était conseillère juridique pour la société tandis que le second était consultant pour des questions de sécurités. Tous deux ont été engagés entre 2010 et 2013 via Renault-Nissan BN (RNBV), une structure néerlandaise "opaque" d’après le quotidien.

L’enquête, dont l’ouverture a été confirmée par "trois sources concordantes" mais pas encore pas le parquet financier, serait confiée aux agents de l’office anti-corruption (OCLCIFF). Elle devrait porter sur les émoluments perçus par la candidate à la mairie de Paris sur cette période et fait suite à une plainte déposée le 17 avril par un actionnaire de l’alliance.

En pratique le contrat qui liait Rachida Dati et le conglomérat a été découvert après un audit indépendant. Ce dernier a été réalisé après l’arrestation de Carlos Ghosn et réclamé par Nissan, qui n’a cependant pas porté plainte pour l’heure. De son côté, l’ancienne ministre s’est défendue de toute dissimulation.

Rachida Dati visée par une enquête : des rémunérations opaques de la part de Renault-Nissan ?

L’actionnaire qui s’attaque à Rachida Dati évoque, dans sa plainte, d’importants émoluments. Entre 2010 et 2013, l’ancienne euro-député aurait touché 600 000 euros de rémunération et 2 millions d’honoraires, a-t-il affirmé. Pour de telles sommes, l’ex-Garde des Sceaux était supposée faciliter le développement de l’alliance au Proche-Orient et en Afrique.

"J’ai été rémunérée comme avocate et non consultante de 2010 à 2012, de façon forfaitaire : 300 000 euros par an. Tous les contrats ont été validés par le commissaire aux comptes et le directeur juridique, monsieur Husson. A chaque réunion de travail, il y avait soit Carlos Ghosn, soit Christian Husson, soit la secrétaire générale, Mouna Sepehri", a détaillé Rachida Dati dans les colonnes du quotidien régional. Elle conteste "toute illégalité dans les versements perçus de RNBV" et a déclaré l’intégralité de ces revenus à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, rappelle d’ailleurs le journal.

En outre, les policières et les policiers en charge de l’enquête n’excluraient pas la piste d’un règlement de compte en interne.

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