L'avocat franco-libanais a reconnu vendredi avoir offert au candidat des Républicains à la présidentielle des costumes valant plusieurs milliers d'euros. L'homme est bien connu de la droite pour son rôle dans la "Françafrique".

Son nom se répandait déjà dans le Tout-Paris avant qu'il ne confirme. Oui, Robert Bourgi est bien l'homme qui a acheté et offert à François Fillon des costumes de luxe pour un montant de 13 000 euros. L'avocat franco-libanais l'a révélé de lui-même aux enquêteurs de l'affaire Fillon vendredi 17 mars. Mais selon lui, il s'agissait seulement d'"un simple cadeau" offert sans "conflit d'intérêt ni trafic d'influence". Selon Le Parisien, Robert Bourgi aurait également fait en 2013 ou 2014 un don - légal - de 7 500 euros au micro-parti de François Fillon. Signe que les deux hommes entretiennent de bons rapports.

L'homme de l'ombre de la droite

L'homme de 71 ans, qui a toujours voulu rester dans l'ombre, est un pilier de la Françafrique. D'origine libanaise mais né à Dakar (Sénégal), l'avocat inscrit au barreau de Paris a été jusqu'en 2005 le "Monsieur Afrique" officieux de Jacques Chirac. Il a ainsi noué des liens avec de nombreux chefs d'Etat africains.

"Je travaille à la fois pour les présidents africains et pour le président français", déclarait en 2009 celui qui parle couramment français, arabe et wolof pour expliquer ses fonctions, rapporte Le Figaro"Il y a toujours eu des diplomaties parallèles. Il y a plusieurs portes dans la maison du père", précisait celui qui dans le Who's Who assure s'intéresser à "de Gaulle, André Malraux et Napoléon".

Il faut dire qu'il considérait comme son "maître" Jacques Foccart, le père de la Françafrique sous de Gaulle. Ce dernier conseilla d'ailleurs à Robert Bourgi de "rester dans l'ombre pour ne pas attraper de coup de soleil". 

Un pilier de la Françafrique

Mais l'homme de l'ombre finira par être sous le feu des projecteurs en 2011, en déclarant avoir transporté des valises remplies d'argent en provenance de chefs d'Etat africains au profit de politiques français. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, il n'hésite pas à nommer les bénéficiaires : Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac et Dominique de Villepin. "C'est ma conscience qui m'a dicté le devoir de parler", avait-il alors expliqué. "Je veux une France propre à droite et à gauche". L'enquête diligentée à la suite de ces propos avait été classée sans suite par le parquet de Paris, faute de preuve.

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Depuis cet épisode, Robert Bourgi est retourné dans l'ombre, apportant toutefois son soutien à Nicolas Sarkozy. Mais suite à la défaite à l'élection présidentielle de celui-ci en 2012, il s'est rapproché de François Fillon. 

Vidéo sur le même thème : Les costumes de Fillon - sujet 13H

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