Le Canard Enchaîné ne laisse pas planer l'ombre d'un doute : selon le journal, Emmanuel Macron savait pour le coronavirus dès décembre 2019. Et n'a pas agi en conséquence. De quoi engager sa responsabilité pénale ?
Que risque vraiment Emmanuel Macron, s'il savait déjà en décembre ?AFP

Il manquait de temps pour y penser. Le chef de l'Etat, aidé de son équipe exécutive, fait front depuis des semaines contre le coronavirus Covid-19. Pourtant, à en croire le Canard Enchaîné, il aurait pu gérer bien mieux la situation, s'il avait accepté d'écouter l'un de ses ambassadeurs. En effet, l'hebdomadaire satyrique affirme, dans son édition du mercredi 6 mai 2020, qu'Emmanuel Macron savait. Dès décembre 2019, le président de la République était au courant.

C'est en tout cas ce qu'explique Laurent Bili, l'ambassadeur de France à Pékin. Il dit avoir contacté le palais de l'Elysée, mais aussi le ministère des Affaires étrangères, pour alerter les autorités hexagonales du danger qui pesait déjà sur le pays. "Quand sont parvenues à Paris les informations relatives à l'apparition d'un nouveau virus, il était encore possible, pour un président conscient de ses responsabilités, de constituer un bon stock de masques, de tests et de respirateurs. Mais Macron n'a pas trouvé le temps d'y penser", assène le journal.

La responsabilité pénale du président peut-elle être engagée ?

De quoi inquiéter le président de la République, sur le plan pénal ? Guillaume Jeanson, avocat au barreau de Paris et porte-parole de l'Institut pour la Justice – un think tank généralement marqué à droite –, en doute. "Probablement pas en raison du statut très protecteur qu'offre le texte de la constitution de la Vème République au chef de l'Etat, du moins pour les actes accomplis en sa qualité de président et dans le cadre de ses fonctions", rappelle-t-il d'entrée de jeu. Et lui de poursuivre :"Le Président de la République bénéficie en effet à leur égard d'une immunité de fond. Celle prévue par l'article 67 de la constitution qui dispose qu''il n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité'".

Aux yeux de Maître Jeanson, il s'agit évidemment d'un paradoxe. Ce dernier, rappelle-t-il, avait déjà été dénoncé "le 2 mai 2012 par François Hollande en ces termes : 'un président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien'". Une situation d'autant plus étonnante que "cette irresponsabilité est absolue, perpétuelle et personnelle". L'avocat insiste : "Cette irresponsabilité subsiste à l'issue du mandat. VGE avait ainsi refusé d'être auditionné en septembre 1984 dans le cadre de la fameuse affaire des avions renifleurs. Mais cette irresponsabilité ne s'étend pas pour autant aux collaborateurs du président. Dans l'affaire des sondages de l'Élysée, la directrice de cabinet du président Sarkozy a ainsi été mise en examen en février 2016."

Faites une action inoubliable : en savoir plus sur le leg Unicef

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.