Selon une enquête exclusive publiée ce mardi par Le Point, plusieurs élus socialistes de Paris bénéficient de logements sociaux. Pourtant, la maire de la capitale avait fait d’un nouveau système d’attribution des logements sociaux sa priorité.

Alors qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, a annoncé la semaine dernière une réforme du système d’attribution des logements sociaux, Le Point révèle ce mardi que plusieurs élus parisiens bénéficient de ces habitations.

Pourtant, lors de sa campagne en 2013, la prétendante à la succession de Bertrand Delanoë avait déclaré sur Twitter : "je souhaite qu'aucun conseiller de Paris ne soit locataire d'un logement attribué par la Ville ou un de ses bailleurs". Visiblement, sa demande n’a pas été entendue par tous, à commencer par l’adjointe à la mairie de Paris et conseillère générale Antoinette Guhl. Cette dernière vit depuis 2001 dans un appartement du 20e arrondissement de la capitale géré par la Régie immobilière de la Ville de Paris. Selon nos confrères du Point, ce serait le mari de celle-ci qui aurait obtenu le logement alors qu’il était fonctionnaire au ministère de l’Agriculture.

Les élus pointés dans cette enquête sont tous locataires (à l’exception de Raphaëlle Primet) de logements sociaux réservés à des familles dont le revenu annuel est compris entre 41 434 euros et 118 782 euros.

Le Point cite aussi le conseiller municipal Didier Guillot. L’élu socialiste vit dans un 113 mètres carrés loué 1 900 euros et géré lui aussi par la Régie immobilière de la Ville de Paris. Ainsi que le rapporte le magazine, Didier Guillot avait déjà obtenu un logement social en 1997 alors qu’il était salarié du conseil régional d’Ile-de-France.

"Vous arrivez trop tard. Je suis déjà dans mes cartons"

Contactée par Le Point, la conseillère de Paris déléguée à la petite enfance et à l’innovation citoyenne Anne-Christine Lang ironise : "vous arrivez trop tard. Je suis déjà dans mes cartons". L’élue explique ensuite qu'elle compte quitter les lieux en juillet prochain suite au départ de ses trois enfants et de sa nouvelle fonction de parlementaire.

Raphaëlle Primet, conseillère Front de Gauche de Paris et conseillère générale, n’entend pas, elle, partir de son appartement HLM dans le 20e arrondissement de Paris. En effet, elle explique aux journalistes de l’hebdomadaire que sa "situation est très particulière" étant donné que son "mari est chômeur de longue durée". Celle qui a obtenu cet appartement après dix ans d’attente explique qu’elle doit "bientôt passer devant une commission" pour peut être se voire "contrainte de payer un surloyer".

Des élus UMP en profitent aussi

Si l’enquête cible en priorité les élus socialistes, Le Point précise que ce ne sont pas les seuls à bénéficier d’un appartement loué à un prix inférieur à celui du marché. Ainsi, l’élue UMP Nathalie Fanfant jouie elle aussi d’un logement social. Celle-ci a notamment tenu à souligner "la précarité d'un élu pour qui une réélection n'est jamais assurée" pour justifier son logement. Toutefois, comme l’indiquent les journalistes, cette "précarité politique" est de 4 186 euros bruts par mois.

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Réagissant à ces révélations, l’Hôtel de Ville a déclaré qu’ "une commission de déontologie va étudier au cas par cas les situations des conseillers de Paris" dès cet été. En cas d’irrégularité, "il leur sera demandé de se mettre sans délai en conformité".Toutefois, les logements ayant été obtenus en toute légalité, rien ne les obligera à rendre les clefs de leurs appartements.

Vidéo sur le même thème : le Logement social Innovant : Des animations pour renforcer les liens (Lille)

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