Pour des raisons différentes, les états-majors de chaque camp s'écharpent sur la viabilité d'une primaire pour 2017. Décryptage.
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Selon un sondage Odoxa rendu public ce mardi 25 novembre, les Français estiment à hauteur de 75% qu’une primaire sera nécessaire pour désigner le candidat PS pour 2017. Si cette idée fait son chemin à gauche, notamment par la voix de Thierry Mandon, certains au sein de la majorité s’y opposent farouchement. C’est le cas par exemple de François Rebsamen qui, invité sur RTL ce matin, a répété tout le mal qu’il pensait de la tenue d’une telle élection. "Quand on a un président sortant, on n'a pas besoin de faire de primaires" a ainsi expliqué le ministre du Travail.

Une position diamétralement opposée à celle exprimée la veille par l’ancienne ministre de la culture, Aurélie Filippetti. En effet, la députée de Moselle s’est déclarée favorable à l’organisation d’une primaire à gauche. Interrogée sur le sujet sur France Info, cette dernière a estimé que de telles élections étaient "indispensables" déplorant le fait que de nombreux ténors socialistes veulent "fermer à l’avance tout débat sur l’organisation de primaires".

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En outre, si cette question embarrasse la gauche, c’est parce que l’organisation d’une élection interne avant l’échéance d’une présidentielle est inscrite dans les statuts du PS (dans l’article 5.3.1 précisément) et que, surtout, l’impopularité record du chef de l’Etat fait craindre le pire à ses soutiens. En revanche, si ce principe n’est pas respecté, n’importe quel adhérent pourrait saisir la justice pour protester contre le non-respect des statuts (le PS étant une association de loi 1901).

Alors, quid de François Hollande ? Ce dernier avait promis en 2011 qu’il se plierait à l’exercice s’il était élu président de la République dans la mesure où, comme il le disait à l’époque, "ce principe est inscrit dans le temps et l’espace politique". "Le président considère qu'il ne faut pas avoir peur d'une primaire" a soufflé l’un de ses proches à l’agence Reuters qui précise que François Hollande "sait que cette hypothèse peut se concrétiser".

Entre ceux qui, à gauche, veulent préserver le président Hollande contre ceux qui, au regard de son impopularité, considèrent qu’il y a un coup à jouer, force est de constater que cette question sème la zizanie dans la majorité. D’autant que les détails sont loin d’être réglés. La primaire devra-t-elle ouverte sur sa gauche ? Ouverte aux écologistes ? Aux centristes ? Autant d’épineuses questions qui montrent que le PS n’a pas fini de s’écharper sur cette élection. Mais la majorité peut se rassurer. Du côté l’UMP, la tenue d’une primaire ouverte est également un motif de chamailleries.

La droite profondément divisée sur cette question

On l’oublierait presque. Mais c’est bien lorsqu’il évoque la tenue d’une primaire ouverte sur le centre que Alain Juppé s’est fait hué samedi dernier. Car en réalité, ils sont nombreux à l’UMP à s’opposer à ce mode de désignation qui vient contrarier la tradition gaulliste du chef qui s’impose naturellement.

En septembre dernier par exemple, Henri Guaino se disait "très hostile" à cette élection préliminaire. Autre fidèle sarkozyste, Brice Hortefeux considère qu’une primaire "est utile quand il n’y a pas de candidat qui se détache" laissant entendre que ce principe peut être remis en question par le leadership d’un chef charismatique (comprendre : Nicolas Sarkozy).

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Or, Alain Juppé, homme politique de droite préféré des Français, défend farouchement cette élection à laquelle il s’est déclaré candidat bien avant que celle-ci ne soit officielle. Hier encore sur son blog, le maire de Bordeaux a demandé au candidat à la présidence de l’UMP des "clarifications" sur l’organisation de ce scrutin interne prévu pour 2016.

Alors qu’ils sont de plus en nombreux à droite à réclamer la tenue d’une telle élection (décidée rappelons-le en réaction du succès de la primaire citoyenne organisée en 2011 par le PS), l’idée de l’abandon de ce projet semble faire son chemin.

Lundi 24 novembre, Nadine Morano a dénoncé "le foutoir des primaires" expliquant qu’elle n’y a "jamais été favorable". Or, là encore, les statuts de l’UMP prévoient dorénavant la tenue d’une primaire avant la présidentielle. De quoi contrarier les anti-primaires ? Rien n’est moins sûr… Le projet de Nicolas Sarkozy n’est-il pas de réformer le parti d’opposition de fond en comble ?

Au final, le schéma est plutôt simple du côté de l’UMP. Le camp des anti-primaires ressemble énormément à celui des sarkozystes.  

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