La droite française, qui ne tarit pas d'éloges à l'égard du président russe, multiplie les visites à Moscou.
AFP

Après une visite en 2012, l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a rencontré une nouvelle fois Vladimir Poutine jeudi. Une rencontre qui a fait grincer des dents du côté de la gauche qui a accusé le président des Républicains de se livrer à une diplomatie parallèle.

Chez les Républicains, Alain Juppé fait valoir sa voix discordante

Si, officiellement, Nicolas Sarkozy est allé à Moscou pour discuter de la question syrienne et de la situation en Ukraine, cette visite traduit aussi l’intérêt porté à Vladmir Poutine par la droite française. Entre l’ancien chef de l’Etat et le président russe, c’est même une longue histoire d’amitié : en 2007, ils se rencontrent deux fois dont une fois à Moscou au cours d’un "dîner entre amis" avec tutoiement de rigueur ; en 2008, ils se voient à deux reprises, notamment lors des JO à Pékin où Vladmir Poutine enlacera Louis, le fils Sarkozy. Et en 2012, lors de la visite privée de Nicolas Sarkozy à Moscou en tant qu’ancien président, il avait assuré Poutine de sa "confiance" et de son "amitié".

Chez les Républicains, François Fillon et une bonne partie des ténors du parti ont aussi une bonne image du président russe, contrairement à Alain Juppé qui a fait valoir sa note discordante dans une tribune publiée sur son blog.

Au Front national, c’est la "Poutinemania"

Du côté du Front national, la "Poutinemania" s’affiche au grand jour. On ne compte plus les déplacements de Marine Le Pen à Moscou pour y rencontrer des cadres influents : en mai dernier, elle a même rencontré le président de la Douma (le parlement russe) et un certain Sergueï Narychkine, un proche de Vladimir Poutine.

D’une manière générale, le Front national salue la politique du président russe à l’image d’Aymeric Chauprade, eurodéputé FN, conseiller de l’ombre de Marine Le Pen et grand artisan du rapprochement du FN avec le Kremlin. Début octobre, il faisait même partie d’une délégation de députés français invités à Moscou, en compagnie de Marion Maréchal-Le Pen, Thierry Mariani et Nadine Morano.

"Vladimir poutine évoque un peu Louis XIV"

Pour expliquer le tropisme de la droite française à l’égard de la Russie, Pierre-Henri d’Argenson, spécialiste des questions internationales à Sciences Po, expliquait au Figaro que "les mouvements gaullistes et souverainistes" sont un courant "pétri de la tradition géopolitique française de «l'alliance de revers» entre la France et la Russie." Le spécialiste parle aussi d’une vision commune des relations internationales "structurée par la puissance et l'indépendance des nations, contre le projet fédéraliste et atlantiste."

Quant à l’attraction exercée par Vladimir Poutine, Pierre-Henri d’Argenson explique qu’il y a "évidemment une fascination pour la «virilité» du personnage. Dans l'inconscient collectif, Vladimir Poutine évoque un peu Louis XIV : c'est un monarque absolu, autoritaire, mais capable de protéger le peuple russe contre les puissants."

En mai 2014, Marine Le Pen avait ainsi salué dans le quotidien autrichien Kurier, le "patriote" Poutine, "attaché à la souveraineté de son peuple" et qui a "conscience que nous défendons des valeurs communes", celles "de la civilisation européenne".

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