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Dans Les Mercredis de L'Elysée (éditions L'Archipel), Bérengère Bonte décortique l'un des rendez-vous les plus emblématiques de la Vè République : le Conseil des ministres. Ce dernier donne parfois lieu à des scènes cocasses : tour d'horizon non-exhaustif sous le quinquennat d'Emmanuel Macron.
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Le choc du Conseil

Quand Marlène Schiappa s'étonne de retrouver un proche de Nicolas Sarkozy

Avec sa politique du "en même temps", Emmanuel Macron a mélangé pour son gouvernement gens de gauche, de droite et de la société civile. Dans cette dernière catégorie se trouve Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes hommes, ancienne militante associative. Lors de son premier Conseil des ministres le 18 mai 2017, elle a la surprise de tomber sur Gérald Darmanin, très proche de Nicolas Sarkozy. "Je n’avais pas du tout assimilé qu’il y avait Gérald Darmanin dans la liste. Et je me suis dit : "Mais pourquoi ? Que fait-il ici"", raconte-t-elle à Bérangère Bonte dans Les Mercredis de l'Elysée (éditions L'Archipel)

Un choc qui s’ajoute au premier qu’a déjà vécu peu avant Marlène Schiappa : celui d’avoir été nommée. La nuit précédant ce premier Conseil, elle l’a passé à l’hôpital. La secrétaire d’Etat a été tellement émotionnée de sa nomination qu’elle a fait une "alerte cardiaque".

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à être déboussolée : "Françoise Nyssen, l’éditrice désormais ministre de la Cullture, semble subjuguée, voire même un peu perdue, les yeux accrochés au salon de l’Ambassadeur. Nicolas Hulot non plus n’en mène pas large."

Interdit d’utiliser son portable

Emmanuel Macron ne veut pas prendre de risques, contrairement à François Hollande...

Le Conseil des ministres est le lieu où se définissent et se discutent les modalités d’applications du programme présidentiel, pas question donc qu’il y ait la moindre fuite. Si les indiscrétions étaient légion avec François Hollande, Emmanuel Macron prend tout de suite toutes les précautions. "Désormais un bloc tiroir violet attend les spartphones au salon des Aides de camp. Tous ! Même pour le président et le Premier ministre. Seuls les deux secrétaires généraux gardent les leurs, chargés de donner l’alerte en cas de besoin", écrit Bérengère Bonte.

Quant à ceux qui envisageraient de ne pas respecter la consigne, la journaliste confie que "le regard noir du président après une sonnerie intempestive, durant le premier automne du quinquennat" devraient les dissuader.

Gage que le changement est de taille, il est arrivé à François Hollande d’envoyer des SMS aux ministres présents, dans lesquels il en "chambrait d’autres" ! Il finira tout de même par interdire les téléphones portables aux rendez-vous du mercredi.

Pipi de chat et fous rire

De Donald Trump aux mots fleuris d'Emmanuel Macron

Malgré sa solennité, le Conseil des ministres peut parfois donner lieu à quelques emportements, vers le rire ou la colère, au choix. Pour le premier, Bérengère Bonte se fait l’écho d’une remarque de Jean-Yves Le Drian, qui, à propos de Donald Trump explique qu’il faut "faire la part des choses" dans ce qu’il dit. Experte en Daniel Balavoine, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet n’hésite pas, de son côté, à chantonner.

En contre-partie, il faut aussi compter sur des moments plus tendus. Friand d’expressions jugée vétustes, Emmanuel Macron se montre dans une certaine mesure courtois lorsqu’il est agacé. Faché contre les fuites dans la presse, il s’énerve aussi contre les notes que rédigent certains ministres et lâche lors d'un Conseil : "C’est du pipi de chat ! Vous êtes les chefs de vos administrations. Ne vous laissez pas enfermer dans le confort des documents qu’elles rédigent. Sinon dans six mois, vous aurez disparu !". Nemo appréciera...

Petits mots et cocasserie

Quand le chien de Brigitte Macron fait peur à une ministre et que Gérald Darmanin échange des petits mots...

Impossible de passer plus de trois heures chaque semaine ensemble sans forcément nouer des liens. Après ou avant le Conseil des ministres, il arrive que les participants se retrouvent en petits groupes. Et pour savoir qui copine avec qui, il faut notamment regarder le circuit des petits mots ! "Au bout de sept mois, rien n’a changé. C’est toujours de Le Maire à Darmanin, de Darmanin au Premier ministre. Ou de Lecornu au Premier ministre", écrit Bérengère Bonte. Le point commun des quatre ? Etre des transfuges de droite.

Par moment, ces complicités laissent place à des scènes plus cocasses. Alors que Nemo, le chien du président vient de faire irruption en plein Conseil, "Sachant la ministre de l’Egalite entre les femmes et les hommes craintive des chiens, Jacqueline Gouraud, sa voisine bienveillante, retient l’animal. "Attends je vais l’attirer de l’autre côté"", prévient la ministre centriste. "viens, viens", chuchote-t-elle, tandis qu’Edouard Philippe poursuit sa communication, imperturbable", raconte Bérangère Conte.