En publiant des clichés montrant des exécutions de l'Etat islamique, la présidente du FN s'expose à des poursuites judiciaires. Bernard Cazeneuve a déjà annoncé qu'il y aurait "des suites".
AFP

Mercredi matin, Marine Le Pen a publié une série de photos sur son compte Twitter montrant des prisonniers de l’Etat islamique en train d’être exécutés, et pour l’un déjà décapité. En publiant ces clichés, la présidente du Front national entendait répondre au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui aurait fait le lien entre Daech et le FN, selon elle.

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Cette publication a provoqué de nombreux remous dans la classe politique, et ce, jusqu’au gouvernement. Le Premier ministre, Manuel Valls, a ainsi publié un tweet pour s’indigner de l’action de Marine Le Pen :

Ces photos sont“de la propagande de Daesh et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme.”, a pour sa part déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, à l’Assemblée nationale. Le ministre de l'Intérieur a signalé ces photos auprès de la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire afin qu'elle "puisse se saisir de l'affaire" et lui "réserver toutes les suites qui doivent l'être".

"M. Cazeneuve va venir me mettre les menottes  ?"

Mais que risque Marine Le Pen au juste ? Une enquête a été ouverte mercredi pour "diffusion d’images violentes" à l’encontre de Marine Le Pen. S’appuyant sur l’article 222-33-3 du Code pénal, Bernard Lamon, avocat spécialisé du numérique, expliquait sur France Inter ce jeudi que "le fait de publier des images de barbarie est puni de 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amendes. C’est un texte qui n’a encore jamais été appliqué et pourrait vraiment trouver à s’appliquer dans ce cas (…) Cet article ne fait pas la différence entre le fait de montrer de telles images pour les dénoncer et le fait de les montrer pour en faire l’apologie.”

Une sanction qui n’a pas l’air d’effrayer Marine Le Pen, qui s’est appuyée sur les conseils de son avocat avant de publier les photos. "Il n’y a aucune infraction pénale", a ainsi assuré Wallerand de Saint-Just, l’avocat du FN. "Qu'est-ce que je risquerai à montrer la réalité de ce qu'est Daech, a réagi Marine Le Pen, pour montrer aux gens qui instrumentalisent Daech pour le comparer au Front national ? M. Cazeneuve va venir me mettre les menottes pour avoir condamné le fait que certains se permettent de faire un parallèle avec cette organisation criminelle ?"

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