Notre Président devient-il accro au pugilat ?

Emmanuel Macron aime le contact viril ; tant qu’il n’engage que lui-même dans des joutes asymétriques sur la place publique, peu importe : le ridicule n’a jamais tué personne, pas même Néron ; mais, quand il engage la France, c’est plus grave.

Notre Emmanuel a lancé sa foudre sur la Syrie : ses admirateurs et/ou collaborateurs s’extasient devant ce coup de tonnerre ; le reste du monde constate que, contrairement à de Gaulle, ou même Chirac, notre Président s’aligne sur Donald Trump : car c’est ce dernier le vrai donneur d’ordre. Certes, contrairement à l’extrême droite française, je suis convaincu que Bachar al-Assad a bien utilisé des armes chimiques ; mais pourquoi conserver cette ligne rouge, pas plus justifiable qu’une autre. Je pense qu’il eût été préférable de préserver notre indépendance diplomatique. De plus, sur le plan strictement militaire, ces frappes ont atteint leurs cibles, mais elles n’ont servi absolument à rien : les hommes et le matériel avaient été évacués ; sinon, il y aurait des tués et des émanations de chlore à proximité des points d’impact.

 Face aux zadistes, Emmanuel Macron a réussi l’exploit de perdre à la fois la guerre – l’abandon de l’aéroport – et l’honneur – 2500 CRS englués dans la boue des landes bretonnes.

Emmanuel Macron a cru bon de défier les syndicats, pour bien prouver qu’il est le meilleur et qu’il va réussir, par la force, là où tous les autres ont échoué ; mais, tel un débutant inconscient, il n’a pas étudié sérieusement le problème. Pour les susdits syndicats, notamment la CGT, ce combat est vital ; ceux-ci sont donc obligés de jeter toutes leurs forces dans la bataille. Selon moi, la base va finir par comprendre les enjeux profonds de cette lutte à mort : le petit peuple, même celui de droite, ne pourra pas accepter une défaite trop cuisante de Philippe Martinez.

Le parcoursup est une usine à gaz irréaliste qui ne vaut guère mieux que le tirage au sort : les enseignants, même les plus raisonnables, sont bien obligés de le constater. Le cas des migrants mineurs est un casse-tête qui eût mérité une initiative crédible et respectueuse des "droits de l’homme".

Selon moi, sur l’échiquier politique, au sens noble du terme, Emmanuel Macron joue et perd à tous les coups : n’est pas Jupiter qui veut. Dans un tel contexte, la droite classique a raison de voter les lois qu’elle cautionne ; mais elle a tort de voler au secours d’un Don Quichotte irresponsable.

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