Nicolas Sarkozy peut-il encore compter sur les siens ?©AFPAFP
Depuis l’annonce du placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy, rares sont les barons de l’UMP à s’être exprimés sur l’affaire. Encore moins nombreux sont ceux qui ont témoigné leur soutien à l’ex-leader de la droite.

© AFP

Nicolas Sarkozy est-il en train d’être lâché par les siens ? Au lendemain du placement en garde à vue suivi de la mise en examen de l’ancien président, à l’UMP les ténors ne se bousculent pas pour prendre la parole. Un silence assourdissant résonne même dans leurs rangs. En effet, s’ils étaient nombreux à monter au créneau lorsque le champion de la droite s’est retrouvé mêlé aux affaires Bettencourt et Karachi, un vent de lassitude semble s’être récemment emparé d’eux.

Fillon la joue fair-play
Ainsi, alors que l’ex-locataire de l’Elysée se retrouve au cœur d’une affaire de trafic d’influence et violation du secret de l’instruction présumés, peu de soutien lui a été témoigné. Seuls Christian Estrosi, les députés Georges Fenech et Jérôme Chartier, et la déléguée générale ajointe de l’UMP, Valérie Debord sont rapidement montés au créneau pour défendre leur champion. Les autres mettant plus de temps...

Contre toute attente, l’ancien Premier ministre fait également partie de ceux qui ont choisi de s’exprimer et qui plus est, pour soutenir l’ex-président. "Mis en examen, Nicolas Sarkozy est présumé innocent. Il est urgent que la lumière soit faite pour l'homme qui traverse une épreuve douloureuse comme pour le pays qui s'enfonce dans la crise de confiance", a-t-il déclaré avant de rappeler qu’en tant qu’"ancien président de la République, il a droit au respect". Une ligne de conduite quelque peu surprenante au regard de l’animosité qui existe entre les deux ex-membres de l’exécutif français, et qu’une partie du clan filloniste aurait aussi adoptée. En témoigne les propos du bras-droit de François Fillon, Jérôme Chartier, lequel a annoncé sur i>Télé : "Et je suis venu ce matin pour vous dire que je crois en l’innocence de Nicolas Sarkozy, que je lui apporte mon soutien, que je lui redis mon amitié, que lorsqu’on est en désaccord avec quelqu’un de sa famille politique, c’est sur les idées que l’on combat cette personne".

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Juppé fait le service minimum
Mais si le camp Fillon a choisi de la jouer fair-play et de ne pas tirer sur l’ambulance, ce n’est pas le cas de tous les autres potentiels adversaires de Nicolas Sarkozy en 2017. "Je n’ai jamais cru au complot, ni pour Roswell, ni pour le 11 septembre, ni pour Nicolas Sarkozy", a en effet lâché le maire de Bordeaux avant d’essayer de tempérer en assurant : "Je pense en amitié à Nicolas Sarkozy. Il est bien sûr présumé innocent. Sa défense démontrera son innocence, je le souhaite".

Sarkozy peut toujours compter sur ses "Amis"
Dans la tourmente, Nicolas Sarkozy sait cependant qu’il peut toujours compter sur ses "Amis". Brice Hortefeux, son plus fidèle lieutenant, a ainsi refusé de faire un quelconque commentaire sur l’affaire. L’ancien ministre a même été jusqu’à repousser dans un geste d’énervement la caméra de France Télévisions qui le suivait. Elle aussi connue pour être au premier rang derrière l’ex-chef d’Etat, Nadine Morano n’a pas attendu bien longtemps avant de dégainer les tweets. "La juge Claire Thepaut en charge du dossier de N. Sarkozy a écrit une tribune à charge en 2012 contre lui, sur Mediapart : impartiale ?" a-t-elle écrit dans un premier message. "Le syndicat de la magistrature qui s'est rendu coupable de "préjugés" avec le mur des "cons" n'a pas été dissous par Taubira. Impartial ?" a-t-elle posté dans un second temps.

Jusqu’ici indéfectible, ce soutien parviendra-t-il à perdurer ? Ou bien pourrait-il lui aussi être à terme affecté par un "ras-le-bol" de voir le nom de Nicolas Sarkozy mêlé à des affaires judiciaires ? A l’instar d’une partie des militants UMP qui, hier encore étaient pour le retour de Nicolas Sarkozy mais risquent de ne plus l’être demain, comme l’a confié à Planet.fr le journaliste politique Patrice Machuret.

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