Entre Nicolas Sarkozy et le juge d’instruction Serge Tournaire, c’est une vieille histoire. Ce dernier actuellement chargé du possible financement libyen de la campagne de 2007 de l'ancien président a également instruit l'affaire Penelope Fillon…

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens après sa garde à vue dans le cadre d’un possible financement libyen de sa campagne en 2007. L’affaire est instruite par Serge Tournaire, magistrat au Parquet National Financier, un juge dont le pedigree est bien connu. C’est en effet lui qui s’est penché sur de précédentes affaires liées de près ou de loin à l’ancien président : les dossiers Bygmalion et Paul Bismuth mais aussi celui des sondages de l’Elysée. 

Certains n’hésitent pas à utiliser cette récurrence pour accuser le juge, qui a commencé au tribunal de Grande Instance d’Ajaccio, d’impartialité, mettant également en avant le fait qu’il est membre du syndicat de la magistrature, classé à gauche. Marine Le Pen a même argué sur Radio Classique d’un "problème de fond" et d’une "absence de neutralité de ce magistrat". Les mêmes sous-entendus avaient été faits lorsqu’il avait été chargé de l’enquête sur les époux Fillon après l’éclatement du Penelopegate. 

Une méthode Tournaire ?

Avocats et journalistes qui ont été confrontés au magistrat ou suivent ses dossiers, décrivent un homme extêmement discret. Sa méthode ? Disposer "d’une liste de questions, claires et sans fioritures", qu’il pose sans jamais ciller, selon Ouest-France. Bernard Tapie, qui s’est retrouvé face à Serge Tournaire dans l’affaire du Crédit Lyonnais, disait de lui dans Le Monde que c’est "un chasseur", "respectueux", et temporisait les accusations de juge politique : "le procès qu'on lui fait ne tient pas". Comme le soulève LCI, Serge Tournaire a d’ailleurs instruit l’enquête sur la députée marseillaise Sylvie Andrieux, condamnée au final pour détournement de fonds publics. 

Quand bien même sa connaissance des procédures est saluée, Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy, avait reçu le soutien de 3000 pénalistes après que les écoutes de son client ait conduit à la transcription de ses propres propos dans l'affaire Paul Bismuth. Cela fait dire à un avocat cité par le Nouvel Obs: "Les avocats sont pour lui complices de leurs clients. Les écoutes, les perquisitions, tout est permis !" 

Publicité
Dans le privé, assure la journaliste Violette Lazard du Nouvel Obs, qui cite des connassances proches, il serait assez drôle avec un côté pince-sans-rien. Marathonien, Serge Tournaire est vraisemblablement adepte de l’effort constant dans la durée, ce qui explique peut-être pourquoi Nicolas Sarkozy a été mis en garde à vue cette semaine, alors que l’information judiciaire a été ouverte en 2013.

Vidéo : La politique et ses eaux troubles

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité