Elle est l'une des ministres les plus importantes du gouvernement, mais aussi l'une des plus exposée… A la tête de chantiers essentiels pour le quinquennat d'Emmanuel Macron, elle doit cependant faire face à de graves obstacles
AFP

Agnès Buzyn dans la tourmente : les (trop) nombreux chantiers qu’elle doit mener

"Je ne veux plus qu’il y ait des gens sur des brancards", assénait récemment la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, sur le plateau de BFMTV. Face à la crise des urgences qui se manifeste depuis près de trois ans par de multiples grèves, le gouvernement a décidé d’envoyer l’ancienne hématologue au feu. C’est elle qui doit porter la réforme du système médical français.

"Les urgences sont le symptôme du dysfonctionnement du système de santé", a expliqué la ministre, pour qui il faut "renforcer la structuration de la médecine de ville et désengorger". Elle ne prévoit pas, cependant, d’augmentation pour les soignants. "Sincèrement, les problèmes ne vont pas se régler parce que je paye davantage", a-t-elle renchérit. Reconnaissant qu’il serait possible de "faire mieux" côté salaire, elle a tout de même tenu à rappeler qu’une hausse, même minime, concernerait mécaniquement un million de personnes…

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Une réponse qui, cela va sans dire, n’a pas satisfait les manifestantes et les manifestants. Sur ce seul chantier, déjà conséquent, Agnès Buzyn fait face à un violent conflit social et à une opinion populaire qui lui est opposée. 80 services d’urgence se sont mis en grève ces dernières semaines et, il demandent l’ouverture de 10 000 postes d’infirmiers, une prime de 300 euros net mensuelle et la réouverture des "lits d’avals". "On veut de l’argent pour le personnel. On a pas besoin de câlins, on a besoin de budget", expliquait récemment Juliette Richard, membre du collectif "Inter Urgences", sur la chaîne d’information en continu.

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"Elle avance sur un terrain compliqué, où les problèmes sont anciens, en apportant des solutions à court terme, en travaillant aussi sur le long terme, en affichant une certaine humilité. Elle ne joue pas aux magiciennes qui peuvent tout résoudre d’un coup de baguette", tempère un conseiller de Matignon, dans les colonnes du Figaro. Pourtant, comme le souligne le quotidien marqué à droite, cette crise que doit gérer la ministre de la Santé et des Solidarités est loin d’être l’unique dossier explosif qu’elle a sur les bras. Que dire, en effet, de la réforme des retraites qui attend la ministre, où de la gestion des comptes de la Sécurité sociale ? "Macron lui a confié l’immense chantier de la dépendance. Elle sera donc très exposée", analyse encore Le Figaro.

Agnès Buzyn dans la tourmente : ces hauts-placés qui la soutiennent

Fort heureusement pour elle, Agnès Buzyn n’est pas seule dans ce combat. Elle peut compter sur le (maigre) soutien de ses deux secrétaires d’Etat, un nombre étonnamment peu élevé compte tenu de toutes les compétences qui tombent sous la coupe de son ministère. Plus important, cependant, elle peut aussi s’appuyer sur l’épaule des plus importantes figures de l’exécutif. Edouard Philippe dit même avoir "du respect et une forme d’admiration" pour sa ministre.

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Freinée alors qu’elle doit mener de multiples dossiers particulièrement périlleux, elle "peut toutefois compter sur le soutien indéfectible de l’exécutif", poursuit le journal national.

"Elle a des convictions, elle est pro, mais elle n’est pas très causante. Elle pense en privé qu’elle n’a pas le personnel suffisant pour recruter suffisamment et répondre aux revendications des urgentistes", tempère cependant un "pilier de la majorité", dans les pages du quotidien.

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