Marine Le Pen peut-elle ressusciter ?

Oui ; l’une des caractéristiques vitale de tout "homme" politique est de toujours pouvoir rebondir après un échec ; sur ce point, le maître incontesté fut François Mitterrand ; mais Churchill connut un terrible échec aux Dardanelles et de Gaulle n’a pu revenir au pouvoir que "grâce" à l’échec de la gauche en Algérie.

Marine Le Pen, en tant que personne, est-elle encore déstabilisée ? Oui. Son congrès n’a été qu’un demi-succès, ou un demi-échec, selon les observateurs. Fera-t-elle un bon score aux élections européennes ? Oui, car son socle reste solide et elle est la seule à présenter un programme à la fois social, opposé à la Commission européenne et résolument identitaire.

Quelle doit être sa stratégie ? Selon moi, conserver son programme actuel, assez différent de celui de sa nièce, avec la trilogie précitée, en étant de plus en plus précise et cohérente. Bien préciser qu’elle garde l’euro et qu’elle ne sort pas de l’Union européenne (le Brexit a été une catastrophe pour le Royaume-Uni) mais qu’elle compte engager un bras de fer contre la Commission européenne, en expliquant qu’elle aura, sur le fond, l’accord d’une bonne partie des peuples européens, et en soulignant les innombrables erreurs et renoncements de la Commission précitée.

Dans le domaine social, elle pourrait proposer une subvention mensuelle de, par exemple, 300 euros, strictement réservée aux Français, modulée en fonction de l’âge mais non du revenu car le mécanisme associé serait onéreux et trop compliqué à mettre en place. Pour assurer l’équilibre financier, elle pourrait proposer de faire passer la TVA à, par exemple, 25 % pour tous les produits ; contrairement à ce qu’affirment les bobos, cet impôt est le plus juste sous réserve d’être rééquilibré par la subvention précitée. Une taxe supplémentaire pourrait être envisagée pour certains produits, par exemple ceux associés à la publicité. Elle obtiendrait un soutien populaire en affirmant qu’elle taxera lourdement les multinationales proportionnellement à leur chiffre d’affaires et non à des bénéfices truqués, ce que notre Président veut imposer à la Commission européenne, mais à un niveau nettement insuffisant (entre 2 et 6%). Etc.

En ce qui concerne la préférence nationale, elle a quelques longueurs d’avance ; il lui faudrait seulement dénoncer les ambiguïtés de Laurent Wauquiez : ce qui signifie que, à l’inverse, celui-ci devrait être plus clair sur ses propositions dans ce domaine. Plus précisément, Laurent Wauquiez ne peut pas chasser à la fois sur le territoire de l’ex-Front national et sur celui de notre Président : sa seule véritable chance est au centre droit et repose sur l’échec éventuel d’Emmanuel Macron ; il lui faut alors expliquer où sont les erreurs de celui-ci en expliquant précisément ce que, lui, Laurent Wauquiez, il ferait s’il était président.  

Bref, selon moi, la famille Le Pen ne sera enterrée que si elle le veut bien, notamment si elle se déchire elle-même.

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