Alors que François Hollande a joué son va-tout lundi soir en nommant Manuel Valls chef du gouvernement, ce dernier sème d'ores et déjà la discorde au sein de son camp.
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Il ne fait pas l’unanimité. Si Manuel Valls peut se targuer d’être le favori des Français pour succéder à Jean-Marc Ayrault (sondage BVA pour Le Parisien),  le tout nouveau Premier ministre est loin de l’être au sein de son propre camp. Nommé à Matignon lundi soir par François Hollande, l’ex-ministre de l’Intérieur fait déjà l’objet de vives critiques.

Les Verts claquent la porte

Ainsi, et comme elle avait prévenu, Cécile Duflot ne restera pas au sein de ce gouvernement dont Manuel Valls a pris les rênes, de même que Pascal Canfin. Après deux ans de nombreux conflits avec son collègue de l’Intérieur, l’écologiste ne supporterait pas d’être dirigée par ce dernier. "Si c’est toi, ce sera sans moi", lui avait-elle même lâché lors d’un déjeuner la semaine dernière. Ce n'est pas "une question de compatibilité" mais "une question de feuille de route, d'engagement politique de ce nouveau gouvernement", a quant à lui souligné le coprésident du groupe des Verts à l’Assemblée, François de Rugy, au micro de RTL. "Si M. Valls est nommé pour faire une politique sans écologie, vous comprendrez bien que les écologistes n'en seront pas? Il faut que les choses soient claires sur les décisions prises dans les mois qui viennent? Que l'on sache de quoi il retourne sur un certain nombre de réformes clé qui doivent être clarifiées avant la nomination du gouvernement", a-t-il également indiqué.

Un choix "assez surprenant" vu le "besoin de la gauche"

Outre la grogne des Verts, Manuel Valls doit également faire face au scepticisme de l’aile gauche du Parti socialiste. Le choix de cet homme pour succéder à Jean-Marc Ayrault à Matignon est "assez surprenant", vu "le besoin de gauche" qui s’est exprimé aux élections municipales, a en effet estimé Emmanuel Maurel, l’un des chefs de file de l’aile gauche de la majorité. Selon lui, "on est en droit finalement d'attendre plus de preuves de la part de Manuel Valls, puisque lors de la primaire (socialiste pour la présidentielle, à l'automne de 2011, ndlr), il s'était exprimé sur les questions économiques et sociales, en affichant de façon décomplexée des options largement minoritaires dans le peuple de gauche".

"Le plus grand commun diviseur de la gauche"

A gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon n’a pas non plus apprécié le choix du président Hollande, bien au contraire. Selon lui, François Hollande a nommé comme Premier ministre "le plus grand commun diviseur possible de la gauche". Furieux contre le chef de ‘l’Etat, le président du Front de gauche a même raillé : "A un désastre électoral, le chef de l'Etat répond par un suicide politique". Quant à Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, il a préféré ironiser en lâchant : "Décidément le président de la République n’entend que de l’oreille droite".

Ce n’est pas de cette manière "que le choses vont changer en France"

Du côté de l’opposition, la nomination de Manuel Valls à Matignon n’a pas non plus été vue d’un bon œil. Réagissant immédiatement à l’annonce de François Hollande, Jean-François Copé a en effet pointé le fait que "ce n'est pas en changeant les hommes et en gardant la même politique que les choses vont changer en France". Remplacer Jean-Marc Ayrault par Manuel Valls à Matignon "ne changerait rien car (...) c'est un changement de politique que les Français attendent et pas tant un mercato gouvernemental", a quant à elle regretté Marine Le Pen.

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