Le plan d'économies soutenu par Manuel Valls a été adopté mardi à l'Assemblée nationale malgré l'abstention de 41 députés socialistes. Le Premier ministre sait qu'il va maintenant devoir composer avec un groupe de frondeurs au sein de sa majorité.
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C’est passé ric-rac. Le plan de 50 milliards d'euros d’économies soutenu par Manuel Valls est passé de justesse mardi à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre est en effet parvenu à arracher à une majorité rebelle le vote de ce plan. Celui-ci a été adopté par 265 voix pour, 232 contre et 67 abstentions dont 41 exprimées par des députés PS. A gauche de la gauche, Manuel Valls n’a pas non plus recueilli le soutien des écologistes (12 sur 17 ont voté contre), ni celui des députés du Front de Gauche. Une surprise est cependant venue des élus centristes, dont 17 des 27 députés UDI ont voté "l’abstention d’encouragement". Un score qui souligne l’esprit frondeur de certains élus de la majorité et qui laisse présager de futurs débats difficiles entre le chef du gouvernement et les députés de gauche. Désavoué par une partie de son propre camp, le Premier ministre sait qu’il va maintenant devoir composer avec le fort pouvoir de nuisance dont disposent les élus rebelles de la majorité.

"Trop d’abstentions mais clairement une majorité à gauche"

Les abstentionnistes sont cependant nettement moins nombreux que les 86 parlementaires qui dénonçaient un plan "dangereux économiquement" dans un courrier récemment adressé au Premier ministre. "Trop d'abstentions mais clairement une majorité de gauche", a ainsi relativisé le patron du groupe PS Bruno Le Roux. Même son de cloche chez Manuel Valls qui a visiblement préféré se concentrer sur le passage de son plan d’économies. "C’est un acte fondateur pour la suite du quinquennat. C'était important qu'il y ait un vote qui montre que la majorité, au-delà des débats, approuve ce projet", s’est-il réjoui.

"Ce n'était pas un vote de défiance mais un vote d'alerte"

De leur côté, certains députés frondeurs n’ont pas manqué de se féliciter d’avoir pu exprimer leur désaccord avec le gouvernement. "C’était un débat de fond comme on n’en n’avait pas eu depuis longtemps", a ainsi commenté Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis, au micro de BFM TV. "Ce vote marque l'aboutissement d'un travail mené depuis plusieurs mois par des députés désireux d'être partie prenante de la seconde étape du quinquennat", a également expliqué Jérôme Guedj au micro de la même chaîne. "Ce n'était pas un vote de défiance mais un vote d'alerte", s'est par ailleurs défendu l'élu de l'Essonne, lequel insiste sur le fait que ce plan "n'est pas une évidence" pour tous les députés de la majorité."Il y a une fissure dans ma majorité' a quant à lui estimé Christian Jacob, le chef de file des députés UMP qui ont tous sauf un (Frédéric Lefèvre) voté contre.

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