Mickaël Harpon, le tueur de la préfecture de police de Paris, a abattu quatre fonctionnaires de police avant d'être finalement tué. Après les propos de Christophe Castaner, un ancien candidat aux élections européennes a dit vouloir organiser un rassemblement à la mémoire de l'assaillant.
AFP

"J'ai demandé à ce que les propos odieux tenus par son organisateur soient dénoncés au procureur de la République, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale", déclarait récemment Christophe Castaner, au sujet de la manifestation prévue en soutien à Mickaël Harpon, le tueur de la préfecture de Paris. Le rassemblement, qui devait se tenir ce jeudi 10 octobre 2019 à Gonesse (Val-d'Oise) a finalement été interdit par le ministre de l'Intérieur, note La Dépêche.

"La manifestation prévue à Gonesse en soutien à l'assassin de la préfecture de police est une infamie et une insulte à la mémoire de nos policiers", s'est d'ailleurs indigné l'ancien maire socialiste, sur Twitter.

C'est Hadama Traoré, connu depuis les dernières élections européennes comme "le candidat des banlieues", qui souhaitait organiser un tel rassemblement. S'il condamne les actes de l'ancien policier, qu'il juge "irréparables et atroces", il soutient cependant que "Mickaël Harpon n'était pas un extrémiste religieux". Selon lui, c'était avant tout une personne victime de discrimination en raison de sa surdité. 

"C'est tout ce contexte qui explique pourquoi il a craqué", a fait savoir le fondateur du mouvement La Révolution est en marche non sans pointer du doigt que les faits avancés pour "justifier son côté extrémiste auraient pu concerner les dix millions de Français de confession musulmane", rappelle Le Figaro. Peu sensible à la décision de Christophe Castaner, qu'un pan considérable de la caste politique française appelait de ses voeux, il a aussi fait savoir qu'il organisait son rassemblement indépendamment de la réponse de la préfecture.

Parmi les élus qui ont demandé l'interdiction d'une telle initiative, certains sont issus des Républicains, d'autres de La République en Marche. D'autres encore viennent des rangs du Parti Socialiste.

Manifestation de soutien à Mickaël Harpon : qui est Hadama Traoré, l'organisateur ?

"Plus que quelqu'un qui fait l'apologie du terrorisme, Traoré est un complotiste chevronné. C'est quelqu'un de délirant. Mais il n'empêche que son discours et dangereux, donc on n'a pas envie qu'il le scande sur le parvis de l'hôtel de ville… C'est indigne pour la communauté musulmane de Gonesse et les victimes", lancent sans ambages les équipes de Jean-Pierre Blazy, maire PS de cette commune du Val-d'Oise, dans les colonnes du quotidien de droite.

Lui se présente plus volontiers comme "un gars de la cité" qui envisageait de devenir député européen et de défendre "la minorité silencieuse", décrit Ouest-France. Il milite "contre les violences policières, la corruption dans les attributions d'HLM, la racaille en col blanc", ainsi que "l'accessibilité des personnes handicapées" et "une meilleure considération de l'Afrique par l'Europe".

Habitué de la Zad de Notre-Dame-des-Landes où il a fait 5 séjours, il entend porter un "projet politique sans distinction de confession, d'origine, de couleur". "Notre groupe citoyen veut pousser les murs, gommer les inégalités sociales", explique-t-il avant de rappeler que "en banlieue, on meurt de ne pas voter". Autres volets de son programme ? "Un pouvoir exercé par le peuple ; une égalité hommes-femmes ; la défense de l'écologie et de l'eau potable, pour qu'elle soit accessible à tous ; une meilleure intégration des étrangers afin que le mot emigré ne soit plus une insulte", souligne le quotidien régional.

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