La grève de la SNCF est portée à bout de bras par les moulinets de Macron-Don Quichotte car, évidemment et au-delà des apparences, c’est bien lui qui pilote directement le bateau gouvernemental dans cette impasse cruciale pour son aura.

Rappelons d’abord quelques points essentiels : Emmanuel Macron a abandonné l’idée de supprimer des lignes secondaires non rentables ; la réforme du régime des retraites des cheminots est remise à plus tard ; la réforme en discussion ne concernera pas les cheminots actuellement embauchés sauf, peut-être, sur quelques points relativement accessoires : la gratuité de certains transports et la gratuité de certains soins médicaux ; on peut compter sur les syndicats pour obtenir de substantielles compensations.

Il ne reste donc plus que le statut des futures recrues. Or, la solution est déjà dans les tuyaux : négocier un statut pour la branche des cheminots, ce qui permettra, ensuite, d’exclure les cheminots du statut général actuel. Là encore, les syndicats sauront imposer des conditions suffisamment avantageuses.

Alors, puisque notre gouvernement a déjà avalé toutes les couleuvres, pourquoi faire semblant de ne pas être d’accord ? C’est de la com’ à l’état pur. Notre Président veut faire croire qu’il va réussir là où tous les gouvernements précédents ont échoué ; les syndicats veulent montrer leur puissance, notamment avant les élections de la fin de l’année. Ce sont les usagers qui vont faire les frais de ce bras de fer inutile.

Et ce n’est pas tout : d’autres secteurs ont très bien compris que le gouvernement est prêt à lâcher du lest pour acheter la paix sociale : les éboueurs, les personnels navigants, les électriciens peut-être. Bref, on n’en est pas encore au stade des accords de Grenelle, mais l’inconscience de notre Président va nous coûter très cher.

Emmanuel Macron aime jouer avec le feu et se moquer du bas peuple ; jusqu’ici, cela lui a plutôt réussi mais un incendie est vite arrivé : les étudiants commencent à s’agiter et l’opinion publique pourrait, enfin, comprendre que la roue du paon n’est que la queue d’un geai criard et incompétent.

La gauche n’a aucun mal à condamner l’attitude du gouvernement actuel ; la droite classique va-t-elle savoir le faire intelligemment ?