Macron et Bisounours

Emmanuel Macron prend le peuple de France pour son petit bambino ; sa voix est câline, il domine tous ses sujets et sa musique est à l’image du ciel de France en ce printemps maussade : grisâtre, pluvieuse, brumeuse et parfois dans le brouillard. Il est l’Emmanuel, celui qui sait tout et qui a toujours raison.

Au plafond de la chapelle Sixtine, Dieu lui-même dévoile son fondement ; créé à son image, notre Emmanuel n’a pas hésité a baisser son pantalon devant quelques dizaines de zadistes ; aujourd’hui, il nous assure, sans rire, que règne l’ordre républicain : et si des zadistes reviennent après le départ des CRS, que va-t-il se passer ? J’ai toujours dit qu’il suffisait d’interdire un certain secteur sauf pour les ayants-droit munis d’un laisser-passer signé par la préfecture, avec un an de prison ferme pour les récalcitrants ; mais ce n’était pas assez spectaculaire pour notre Don Quichotte élyséen. Tout cela nous a coûté fort cher, mais seul Jupiter connaît ce qui est bon pour son peuple.

Il honore père et mère, à sa façon, en remerciant les retraités de leur générosité envers les puissants avides de richesses. Il assure notre sécurité en nous imposant de ne pas dépasser les 80 km/h : avec les enfants, on n’est jamais trop prudents. Il ne manque pas de ressortir sa sucette préférée : l’exonération de charges sociales pour certaines participations aux bénéfices.

Les banlieusards et les vacanciers pris en otages et bloqués sur les quais ont tout le loisir de méditer sur les charmes de la grève à la SNCF et de spéculer sur son issue ; ou bien elle affaiblira les syndicats, ce qui est une erreur : l’un des atouts de l’Allemagne est la force des syndicats et leur sens de l’état ; ou bien l’Emmanuel amorcera sa descente aux enfers : vu la faiblesse de l’opposition, il peut espérer ressusciter. Dans tous les cas, ce conflit ne peut rien apporter à la France.

Mai 68, c’était l’explosion des étudiants qui voulaient être pris au sérieux, c’était l’imagination au pouvoir. Avril 2018 se situe exactement aux antipodes ; les Français, jeunes ou vieux, sont invités à se laisser bercer par la mandoline de notre Président : tout va bien sur l’île aux enfants.

Et la dette, et le chômage, et l’insécurité, et les migrants ? Chut ! Dormez en paix, l’Emmanuel veille ! D’ailleurs, nombre de médias nous l’assurent : durant cette heure de calino-thérapie, monsieur Macron fut remarquable de maîtrise et d’aisance ! 

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