Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron... Quel président marque la rupture avec ce jeu de séduction ?

Depuis la fin du règne de Jacques Chirac, les choses semblent avoir changé. Qu'il s'agisse d'Emmanuel Macron ou de Nicolas Sarkozy, qui ont tout deux occupés l'Élysée et sont aujourd'hui plus proches qu'il ne pourrait paraître, les nouveaux chefs de l'État ne semblent plus être connus pour leur libertine extravagance ou leur goût de la conquête féminine. François Hollande, certes, n'est pas le plus fidèle des compagnons — en témoigne la façon dont il a traité Ségolène Royal, d'abord, et Valérie Trierweiler ensuite, mais il ne sera probablement pas retenu pour sa capacité à séduire à la manière d'un Valéry Giscard d'Estaing ou d'un François Mitterrand.

"La transformation se fait sous Nicolas Sarkozy. Au travers de sa rupture avec Cecilia Attias et de sa nouvelle idylle, puis de son mariage, avec Carla Bruni, il a littéralement scénarisé sa vie sentimentale. Qu'il s'agisse de sa relation compliquée avec la première femme qui l'a accompagné au palais de l'Élysée ou de son union avec la seconde, les médias ont été rapidement informés", se rappelle l'historien, pour qui cette situation est révélatrice d'un phénomène bien spécifique : dans cette nouvelle société, même les présidents ne peuvent plus garder leurs liaisons et autres relations secrètes. "François Hollande l'a découvert à son insu", précise-t-il encore.

"Le secret qui accompagnait la vie sentimentale exceptionnelle des anciens chefs d'État n'est plus tenable depuis l'arrivée d'Internet, des réseaux sociaux... Déjà sous Jacques Chirac, les potentielles fuites avaient de quoi effrayer les équipes de communication présidentielle. Il n'est donc plus possible de prendre ce genre de risques aujourd'hui", estime l'enseignant. Est-ce à dire que cette culture de la séduction, qui sillonne plusieurs générations de chefs d'État est vouée à disparaître ? Une chose est sûre en tout cas : les hommes politiques, ou en tout cas ceux qui grimpent les marches jusqu'aux plus haut sommets du pouvoir, n'ont pas nécessairement changé.

"François Hollande n'est pas si différent de ses prédécesseurs. C'est davantage une question de contexte que d'hommes et cela ne s'arrête pas après lui. Emmanuel Macron, lui aussi, exerce une certaine forme de séduction. La sienne est plus politique, en cela qu'elle vise ses interlocuteurs plutôt que d'éventuelles partenaires", juge le professeur. Si la rupture avec l'ancien monde commence avec Nicolas Sarkozy, c'est peut-être avant tout parce que la situation "empêche ce type de comportements de se répéter", détaille le chercheur.

Faites une action inoubliable : en savoir plus sur le leg Unicef

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.