Pendant toute la campagne, de nombreux candidats frontistes ont été épinglés pour des propos plus ou moins sulfureux. Mais cela ne les a pas desservis pour autant…
AFP

C’était l’antienne de la campagne pour les élections départementales : quel candidat sous l’étiquette Front National ferait le plus gros dérapage avant le premier tour ? Chaque jour, sortaient dans la presse les noms et profils de ceux qui avaient répandus sur les réseaux sociaux haine, propos tendancieux ou jeux de mots sulfureux.

Le site internet l’Entente qui entend "répondre aux interrogations qui peuvent exister aujourd’hui sur le Front National" avait ainsi abondamment contribué à les faire émerger en scrutant à la loupe les profils des candidats frontistes. Le Scan du Figaro avait même sorti les grands moyens en réalisant "une carte interactive des candidats FN sulfureux".

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Certains candidats épinglés sont arrivés en tête

Oui, mais voilà. Le premier tour des élections passé, les résultats sont sans appel : la mise en avant de leurs propos litigieux n’a pas eu d’impact négatif réel sur les aspirants conseillers départementaux.

Certains de ces candidats sont même arrivés en tête à l’issue du premier tour. Ainsi en est-il du candidat FN sur le canton de Saint Quentin – 2, Kevin Berdal, qui malgré des propos sexistes voire racistes, a réalisé 38,11% des suffrages (2ème) avec son binôme. Toujours dans le Nord, le candidat Francis Boudrenghien, qui avait posté sur Facebook un message tendancieux sur les populations d’origine maghrébine, est lui arrivé en tête du premier tour avec 39,77%.

Dans le Sud, Nicolas Brossard est lui aussi arrivé en tête des suffrages avec 32,88%, après avoir évoqué "la nuisance de l’islam" qui est pour lui "une secte (…) cheval de Troie maléfique". Quant à Jean-Philippe Lecoinnet, épinglé pour des propos sur les immigrés et l’islam, il arrive également en tête sur le canton de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume avec 38,3% largement devant l’alliance UDI-UMP.

Un résultat conforme à ceux historiques

Au total, sur la centaine de candidats épinglés, la moitié s’est qualifiée pour le second tour en atteignant généralement la deuxième place sur le podium. Certes, l’autre moitié de ces candidats a été éliminée dès le premier tour, mais ceux-ci se rencontrent dans la quasi-totalité des cas dans les régions du Sud-Ouest, du Centre et de la Bretagne, des zones où le FN ne fait historiquement pas des bons scores. Dans le Nord-Est, certains d’entre-eux ont même été éliminés avec 22%, 24% voire 34% !

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