INTERVIEW - Le nombre de "déçus du Macronisme" semble croître inlassablement. Certains signent des tribunes dans la presse, d'autres appellent de leur vœux un "hypercentre", possiblement représenté par François Bayrou. Le président devrait-il se méfier de son nouveau commissaire au Plan ?
Le ver est dans le fruit : Bayrou pourrait-il devenir le meilleur ennemi “intérieur” de Macron ?AFP

Le président de la République multiplie les erreurs tactiques. C'est en tout cas ce qu'affirment nombre de "déçus du Macronisme", dont l'histoire est régulièrement narrée dans la presse française. Récemment encore, le journal Marianne accordait un espace à l'un de ces anciens aficionados du chef de l'Etat, qui lui reproche aujourd'hui d'avoir trop négligé son aile gauche. Une erreur, estime-t-il, qui pourrait lui coûter cher à l'avenir. Il n'hésite pas, en effet, à parler de "terribles conséquences".

Selon lui, c'est "l'hypercentre", qui pourrait se retourner contre Emmanuel Macron. Et lui de pointer du doigt, notamment, la "tentative d'indépendance et d'autonomisation croissant du Modem, notamment à travers le combat de Bayrou pour la proportionnelle". Il n'en faudra peut-être pas beaucoup plus que ce dernier devienne un danger pour le locataire de l'Elysée. L'hypercentre, affirme-t-il encore, "cherchera à exister véritablement comme sorte d'ennemi de l'intérieur ou de faux ami, puisqu'il n'a pas été mis en œuvre après 2017 en tant que courant politique central alors qu'il était appelé de ses vœux par les électeurs".

Faut-il croire, dès lors, que le chef de l'Etat a posé la première pierre de son propre déclin en faisant de François Bayrou son Haut-Commissaire au Plan ? Pas exactement, affirme Christophe Bouillaud, politologue, enseignant-chercheur à l'Institut d'Études Politique (IEP, Sciences-Po) de Grenoble. Explications.

Emmanuel Macron devrait-il craindre François Bayrou ?

Pas de doute possible sur la volonté de François Bayrou. Ce dernier, rappelle Le Parisien, veut peser autant que faire se peut sur la majorité présidentielle. Et pourtant, le patron du MoDem enchaîne les revers politiques comme les pertes de soutiens. Il a perdu de nombreux arbitrages présidentiels… Notamment sur la proportionnelle précédemment évoquée, mais aussi sur le report des élections régionales. De quoi démonétiser cette figure historique de l'hypercentre ?

"François Bayrou n'est plus réellement en mesure de menacer Emmanuel Macron. Tout au plus pourrait-il décider de ne plus soutenir sa majorité parlementaire mais soyons réalistes ! Il est très peu probable que les élus MoDem le suivent dans un tel cas. Si La République en Marche perdait l'appui du MoDem, cela engendrerait des élections anticipées qui ne seraient favorables à aucun des deux partis… Mais qui coûteraient plus cher au centre", note l'enseignant, qui ne manque pas de rappeler que le Haut-Commissaire au Plan présente tous les signes d'une "fin de course politique". "Peut-être décidera-t-il de ne pas se ranger derrière Emmanuel Macron en 2022. Mais là encore, j'ai peine à croire qu'il serait soutenu par ses élus", conclut le politologue.

Car, selon lui, cela pourrait-être le début de la fin pour le MoDem…

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